Les idées transphobes au nom du féminisme semble être à la mode puisque OLF, association féministe, en vient à les défendre.

Bien sûr comme il y a réponse de militant-e-s trans OLF gère la discussion en supprimant les commentaires des trans et en les bloquant. Les femmes qui ne s'affirment pas comme trans (perçues comme cis) qui contredisent l'association féministe voient plus rarement leurs messages supprimés de la page et ne se retrouvent pas bloquées.

De même les messages essentialistes sont toujours présents (et aimés par les défenderesses d'OLF), semblant alors poser beaucoup moins de problèmes que les réponses de militant-e-s trans.

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De même on remarque que certains hommes ont trouvé le bon créneau pour se faire une place dans le féminisme en rejoignant le combat transphobe (et leur présence est applaudie).

Sans titreJ'ai masqué le nom mais vous pouvez aller sur la page, je ne crois pas que Jean-Marie soit une femme

Un cas anodin ici mais on peut voir certains hommes qui en profitent d'avantage.

J'ai déjà parlé de Martin Dufresne, un homme qui traite avec un mépris paternaliste les femmes qui ne sont pas d'accord avec lui. Cet homme du fait d'avoir traduit Dworkin et Stoltenberg, ajoûtant de la transphobie en préface de sa traduction de Refuser d'être un homme (du-dit John Stoltenberg) et renvoyant l'idée que Dworkin partageait ses idées transphobes (alors qu'il semble que ce soit le contraire) et du fait d'avoir travaillé avec Christine Delphy a un certain pouvoir dans les milieux féministes. Plus de pouvoir qu'auncune femmes trans n'en aura jamais et aussi plus de pouvoir que bon nombre de femmes cis n'en auront jamais.

Cette transphobie rampante au sein du féminisme j'en ai déjà parlé.

Je flippe qu'OLF adopte les mêmes politiques et méthodes que ses consoeurs anglo-saxones. Qui se sont révélées nocives en premier lieu pour les femmes trans mais qui ne sont peut-être pas sans lien avec la victoire de Trump aux USA. En effet ces mêmes féministes transphobes ont été très actives lors des débats sur les lois toilettes (loi obligeant les personnes à utiliser les toilettes en fonction de son sexe à la naissance), elles ont présenté les femmes trans comme une menace pour les enfants et les femmes cis, chose que les Républicains n'ont pas manqué d'utiliser, se posant en défenseur de "Nos Femmes et Nos Enfants" face à cette menace trans.
Cela n'a sûrement pas été la seule raison de cette victoire des Républicains, ni même la principale, mais quand on appui les idées de l'extrême-droite réactionnaire et qu'on leur fourni un argumentaire clés en mains on ne peut s'étonner de la voire remporter des éléctions.

 

On va revenir au coeur de mon sujet, le féminisme libéral et la critique du "queer".

Si je décide de parler de cela plutôt que du reste c'est parce que j'ai pu voir OLF qualifié d'anti-libéral. Le problème c'est qu'Osez le féminisme est une association féministe libérale et loin d'être radicale. C'est une association réformiste, qui fait la part belle aux hommes dans le féminisme.
Rappelons qu'Osez le féminisme n'est pas une association non-mixte. De même il ne me semble pas les avoir vu condamner l'orga "pro-féministe" en non-mixité masculine qu'est Zéro Macho, alors que Gérard Biard un des fondateur et porte-parole de cette association est aussi rédacteur en chef de Charlie Hebdo connu pour un humour misogyne (qu'OLF a, à raison critiqué). De même il ne me semble pas avoir beaucoup vu OLF critiquer la position de pouvoir de Patric Jean - un autre fondateur de Zéro Macho - dans le féminisme francophone. Ou même critiquer la campagne HeForShe qui fait des hommes les acteurs principaux du féminisme.
On peut aussi voir que c'est une asso qui défend l'égalité des femmes dans le capitalisme et n'envisage pas une égalité entre les femmes. Pour OLF une femme cheffe d'entreprise est une chose admirable, à encourager. Une position que je ne partage pas car je ne pense pas que les salariées d'une entreprise dirigée par une femme soient plus choyées que les employées d'une entreprise dirigée par un homme.
De même, pour en finir sur le côté spécifique d'OLF orga féministe libéral, il ne me semble pas les avoir vu prendre la défense des femmes qui dénonçaient les conditions de travail dans le magazine Madmoizelle. Accusant un recrutement sur critères physiques (ce qui semble se confirmer quand on voit les photos de la rédaction), menaces de renvoi si enceintes, harcelement moral et sexuel de la part du propriétaire du magasine, et recours fréquent au statut précaire d'auto-entrepreneur.
Aussi, avec tout cela, je ne vois pas en quoi OLF serait particulièrement radical ou anti-libéral, je trouve que c'est même plutôt le contraire. Attaquer les trans sous pretexte de critique du "queer" ne donne pas une légitimité radicale ou anti-libérale.

 

Mais certain-e-s se demandent peut-être ce que j'entends quand je parle de féminisme libéral ?

Je vais donner ma définition (personnelle) que j'appuie sur Wikipédia.
De Wikipédia voilà ce que je retiens : « Dans le domaine économique [le libéralisme] défend notamment l'initiative privée, la libre concurrence et son corollaire l'économie de marché ; dans le domaine politique, il accepte des pouvoirs politiques encadrés par une loi librement débattue, défend un Etat de droit et des contre-pouvoirs »

Ce que je traduirais ainsi ; le libéralisme est une pensée politique qui s'inscrit dans le capitalisme et qui considère que la loi passe avant les luttes sociales.
Ce qui me permet alors de définir le féminisme libéral de la manière suivante : Le féminisme libéral est un féminisme qui ne cherche pas à s'affranchir du capitalisme et c'est un qui considère comme primordial de faire voter des lois et d'envoyer des flics pour sanctionner les comportements misogynes.

Cette définition étant posé il est plutôt facile de voir qu'OLF s'inscrit plutôt dans un féminisme libéral que dans un féminisme anti-libéral (pour les raisons citées plus haut).
De même on peut alors voir que de nombreuses féministes transphobes (dont Meghan Murphy) sont plutôt libérales et que dans leurs volonté de mettre en place un arsenal législatif elles vont s'associer à des hommes, parfois à des réactionnaires et opposés aux droits des femmes.
On a pu le voir en France, par exemple, lors du vote de la loi visant à la pénalisation des clients de prostitution. Un député de droite, Guy Geoffroy, a été mis en avant et applaudi comme un allié des féministes (y compris par OLF). Il s'avère (sans surprise) que cet homme est un réactionnaire homophobe.
Mais avoir une politique libérale, nécessite des alliances politiques, y compris - parfois - avec la droite réactionnaire, c'est là une des impasse du féminisme libéral.
Seules, les féministes n'ont pas de poids legislatif, faire voter des lois leur est impossible. El
les sont obligées de s'allier à des hommes qui vont se retourner contre elles dès lors que leurs intérêts en tant qu'hommes seront menacés. On peut aussi le voir avec le fait que ces hommes avec qui le féminisme libéral est prêt à s'allier pour porter des lois (par exemple contre le harcèlement de rue) vont en même temps défendre des députés et ministres accusés d'agressions sexuelles et de harcèlement sur les femmes avec lesquelles ils travaillent.
Une autre impasse c'est leur refus de s'affranchir du capitalisme. Le capitalisme et le sexisme fonctionnent parfois de pair, des femmes se retrouvent écrasées, à devoir accepter des conditions de vies que beaucoup jugeraeient inacceptables car femmes ET prolétaires (souvent aussi car racisées). Certaines féministes libérales font alors du féminisme un combat universaliste. Elles vont alors considèrer qu'au sein de la classe des femmes toutes sont égales et ce qu'on observe en conséquence c'est un féminisme qui "glisse" facilement dans le racisme et le mépris de classe et tent à considérer qu'il y a plus de problème de sexisme chez les hommes racisés et prolétaires que chez les hommes blancs friqués (alors que leur misogynie s'exprime juste différement). Ce qui est plutôt utile par rapport aux fait que les hommes avec lesquels elles vont devoir s'allier pour faire voter leurs lois sont majoritairement blancs et bourgeois.

 

Maintenant on va revenir sur la critique du "Queer" (dans un contexte français surtout car c'est là que je me situe).

En France le Queer ne correspond à rien de précis, Queer est surtout utilisé comme un synonyme de LGBT et recouvre autant de réalités contradictoire.
Pourtant moi aussi je parle du queer et je le critique, j'utilise ce mot pour parler d'une part de la communauté LGBT prétenduement radicale mais qui reproduit les mêmes travers que la communauté LGBT "mainstream".
Pour les féministes qui se servent de la critique du Queer pour attaquer les trans je ne sais pas de quoi elles parlent. Vu leurs discours il me semble que pour elles queer n'est qu'un synonyme de trans. Le problème c'est que, dans les faits, les militantes trans qu'elles attaquent violement en tant que "Queer" ne le sont pas.
Les premières cibles de leur "critique du queer" sont celles qui morflent le plus des discours libéraux sur le genre venant d'univesitaires cis.
Car oui il y a bien des discours libéraux sur le genre, des discours qui en font une chose personnelle, intime, détaché des classes de sexe. Ce sont les discours où on applaudit les groupes capitalistes quand ils proposent une liste déroulante de choix pour le genre. C'est d'ailleurs la ligne politique que semblent adopter les associations LGBT "mainstream" (ce qui n'a rien d'étonnant).

 

Au milieu de tout ça les militant-e-s trans se retrouvent piégées et bien seul-e-s.
D'un côté un courant féministe libéral qui nous attaque et nous présente comme un ennemi à abattre (parfois plus dangereux que les hommes cis puisque ceci sont, de fait, leurs alliés dans leur politique réformiste). D'un autre un mouvement LGBT non moins libéral qui instrumentalise les trans mais nous considère comme dans un entre-deux, ni vraiment des hommes, ni vraiment des femmes et refuse les critiques de sa misogynie et de sa transmisogynie.
Dans un gouvernement libéral, avec un grand nombre de ministres et députés LREM venant de la manif pour tous le relais de l'argumentaire transphobe de leur consoeurs anglosaxones par les féministes d'OLF ne me semble pas anodin. C'est bien là l'expression d'une politique féministe libérale et qui annonce de possibles attaques contre les droits des trans, en association avec la Start Up Nation de Macron.
On ne peut pas laisser passer cela quand la situation des trans stagne en France et quand les agressions de femmes suspectées d'être trans sont en augmentation.

PS :
Au sujet de ce féminisme de droite (il faut appeller un chat un chat) il y a une chose intéressante.
Leur discours se résume à : Ce sont les hommes qui oppriment les femmes, ça vaut pour le féminisme (et je suis ok sur ça) mais aussi pour toute autre lutte social. C'est pour ça que quand on pointe leur transphobie ces féministes de droite s'empressent de dire que ce sont les hommes et le patriarcat qui oppriment les trans (et vous verrez que souvent elles ont le même discours pour d'autres luttes sociales), niant alors leur privilège cissexuel.
Intéressant comme je disais.
Le truc c'est que leur activisme transphobe est contradictoire par rapport à ce discours. En militant contre nos droits (en envoyant des lettres à l'ONU pour dire que les trans ne doivent pas être protégé-e-s par la déclarations des droits humains, en défendant les "lois toilettes", en faisant des tribunes au sénat du Canada pour dire que la loi ne doit pas protéger les trans) elles démontrent non seulement qu'elles défendent cette oppression et veulent la renforcer. Le pouvoir patriarcal, le pouvoir des hommes ne les dérange alors pas vraiment.
Autre point contradictoire, j'ai dit plus haut que pour faire voter ces lois elles étaient dans l'obligation de s'allier avec des anti-féministes. Mais une fois les lois votées c'est encore le pouvoir patriarcal, par l'intermédiaire des flics et des juges, qui va s'assurer que ces lois soient respecter. C'est à dire qu'en voulant nuire aux trans (et plus particulièrement aux femmes trans) ces féministes sont prêtes à renforcer le contrôle patriarcal sur les femmes et leurs corps.