Passing :
Condition de survie en territoire cis (c'est à dire partout) quand on est trans. Cela consiste à être perçu-e dans le genre dans lequel on se reconnait (formulation peut-être maladroite mais je ne trouve pas mieux). Par exemple on dira d'une femme trans généralement perçue comme femme dans ses interractions sociales qu'elle a un bon passing.
Je n'exagère pas vraiment quand je dis que pour les trans c'est une condition de survie. La plupart des gens qui m'emmerdent le font car à leurs yeux je ne passe pas, ils n'arrivent pas à m'identifier comme femme ou homme (souvent la question avec laquelle iels m'abordent est "Tu es une meuf ou un mec?").
Le passing est une notion subjective et comme pas mal d'autres notions subjectives (la beauté par exemple) c'est un peu de la merde.

Outing :
On donne deux définitions à l'outing.
L'outing comme un acte politique consiste à révéler l'homosexualité d'une personnalité aux discours homophobes pour montrer qu'il y a contradiction. L'outing politique a été peu voire pas pratiqué, en tout cas en France, les associations de défense des droits des gays, lesbiennes et bi-e-s ayant conscience qu'il s'agit d'une arme à double tranchant. Et on peut se poser des questions sur son utilité encore plus aujourd'hui quand des personnalités politiques ouvertement gays ou lesbiennes tiennent des discours homophobes.
Dans un cadre non politique l'outing est l'acte qui consiste à révéler l'homosexualité d'une personne derrière son dos, sans qu'elle ait donné son accord.
Maintenant concernant les trans c'est un peu différent.
Déjà vu le nombre de personnalités politiques trans out (connu-e-s comme trans) ou non je ne suis pas sûre que la première définition soit applicable.
Pour la seconde définition, l'outing serait révéler la transidentité d'une personne derrière son dos sans qu'elle ait donné son accord. Pour les trans cet outing n'est pas fréquent, il est permanent.
Pour comprendre cet outing quasi permanent des trans il faut d'abord voir qu'être out en tant que trans ne fonctionne pas comme être out en tant qu'homo ou que bi-e. Il y a des gays, lesbiennes et bi-e-s qui, en fonction des situations, seront soit out soit au placard, iels vont par exemple être out avec leur famille et/ou ami-e-s mais dans la rue, au travail, à l'école iels rentreront au placard (note je ne leur reproche pas, de même que je ne reproche à aucun-e gay, lesbienne, bi-e ou trans d'être totalement au placard). Pour les trans c'est plus délicat, je n'aurais pas mieux dit que ce que João dit ici : « comment faire pour ne pas être "out", et être "discret.e" face aux proches, quand c’est notre corps et notre rapport au monde que nous voulons changer ? ».
Et ce qui est valable avec les proches est aussi valable dans la société en général. Quand on est trans ce privilège de pouvoir se cacher au besoin souvent on ne l'a pas. Parce qu'on a pas le passing, car des ami-e-s et la famille nous ont connu-e-s "avant", car les papiers d'identité indiquent M/F quand on nous perçois comme femme/homme, parce qu'on est militant-e...
Aussi il est compréhensible que notre transitude étant parfois visible sur notre gueule (en tout cas pour certain-e-s) on va nous outer plus facilement qu'on ne outera des gays, lesbiennes ou bi-e-s sans forcement penser à mal (compréhensible ne veut pas dire acceptable).

Autodétermination : 
L'autodétermination (ou autoidentification) est le fait qu'on estime les personnes aptes à dire ce qu'iels sont.
Pour les trans on l'emploie pour dire que si une personne dit être un homme / une femme / non binaire alors on l'accepte comme un homme / une femme / non binaire quel que soit son sexe.
Si sur le papier c'est cool, le problème c'est que politiquement ça ne tient pas.
Je ne suis pas emmerdée car je m'autodétermine comme meuf mais car je suis perçue et parce que je vis comme une meuf trans. 
Ce que je vais dire ne va pas plaire mais politiquement j'emmerde l'autodétermination, j'emmerde ce qu'on pourrait appeler la politique de la déclaration.
Pour prendre un exemple ce n'est pas parce qu'un misogyne déclare qu'il refuse d'être un homme qu'il cesse comme par magie d'être un homme misogyne (cette pique vise Martin Dufresne et bon nombre d'autres proféministes).
On peut aussi prendre l'exemple de ces gens qui se déclarent ne pas être homophobes tout en relayant les pires discours homophobes.
On ne va pas réagir en disant "puisque c'est ainsi qu'iel s'identifie alors nous devons le respecter". Au contraire politiquement c'est vitale de dire que même s'ils s'identifient comme "pas sexistes" certains pro-féministes sont les pires pourritures misogynes, que la manif pour tous est un mouvement homophobe même s'il s'identifie comme ne l'étant pas.
Aussi je pense qu'il est important pour les trans de remettre en cause l'autodétermination. Je ne veux pas dire par là qu'il faut nous faire psys et enquêter sur chaque trans pour délivrer un certificat de transitude ou qu'il faut faire une chasse aux faux-sses trans (ce qu'on m'a fait dire et qu'on me fera peut-être encore dit) mais que collectivement nous devons critiquer le caractère intouchable de cette autodétermination, cela devient même un impératif politique.
En faisant du ressenti, de l'autodétermination des absolus intouchables du militantisme trans je pense qu'on se ferme aux réflexions materialistes. Or être trans est un fait matériel et je ne vois pas comment on peut parler de privilèges cis ou d'oppression systémique des trans sans prendre compte cela.

Koala