S'il y a un concept qui commence à me sortir par les trous de nez c'est bien celui de personne safe (ça va avec l'idée de machin-e est gentil-le et pas mal de blablas sur la bienveillance).
En fait ce qui m'énerve avec cette idée de safe c'est que c'est flou au possible et que du coup ça peut vouloir dire prendre soin de nos oppresseurs et leur demander pardon quand iels nous marchent sur les pieds. Et ça c'est un truc qui me fait vraiment chier.

Par exemple en tant que feministe je ne vois vraiment pas l'intêret d'être safe pour les mecs et quand je vois le comportement de pas mal de "pro-féministes", se servant de concepts féministes pour attaquer certaines femmes, ça me donne encore moins envie d'être safe avec eux.
Quand Christiane Rochefort dit que l'oppresseur ne peut comprendre qu'à partir du moment ou l'opprimé-e sort les couteaux ça exclue d'être safe.

Alors ouais quand hier j'ai vu des "allié-e-s" nier l'oppression des trans, dire qu'il n'y avait pas de discrimination des trans mais juste une stigmatisation (ce qui est surement une démonstration de bienveillance et d'attitude safe sachant que des meufs trans - au moins une - pouvaient voir cette discussion) j'ai réagit d'une façon jugée violente, n'étant ni safe ni bienveillante et n'ayant aucune envie de l'être. J'ai commis ce crime suprême du subtweet pour lequel certain-e-s songent à rétablir la peine de mort et déclanchant à priori une shitstorm mais avant qu'on me coupe la tête j'aimerais savoir en quoi faire référence à une meuf trans sur facebook pour casser du sucre sur son dos - et sur celui des meufs trans en général - est une meilleur chose que réagir quand on est un-e opprimé-e face à un discours oppressif?

Je ne regrette rien de ma réaction d'hier.
Si être safe c'est demander pardon quand l'oppresseur nous marche sur le pied alors je ne le suis pas et je n'ai pas envie de l'être.

Koala

Au passage j'en ai aussi ras le bol de la condamnation du subtweet. On ne s'est pas demandé pourquoi je n'avais pas mentionné les personnes qui avaient nié l'oppression des trans, partant du principe que le subtweet c'est forcement mal. Je trouve aussi ça délirant qu'on en vienne à dire que le subtweet c'est du harcelement.
Il y a des tas de raisons pour ne pas mentionner certaines personnes sur Twitter, par exemple pour se préserver soi-même ou pour préserver les autres. Justement ne pas mentionner certaines personnes permet d'éviter qu'on leur tombe dessus de toutes parts (ce qui en effet pourrait ressembler à du harcelement).