Petit plus au texte de Lena.

Martin Dufresne (homme cis hétéro) a récidivé. Il a de nouveau partagé une image venant de féministe transphobe assimilant les trans aux masculinistes.

Sans titre
Christine Le Doaré aime ça

Cette assimilation est un des pires trucs que j'ai pu lire. Degré zéro de la réflexion politique.
Avec le même genre de réflexion je pourrais faire un truc assimilant les féministes transphobes aux masculinistes. On y verrait Christine Le Doaré dire «Les "femmes trans" c'est des hommes avec une robe et du rouge à lèvres», Eric Zemmour dire «Les "femmes trans" c'est des hommes avec du rouge à lèvres et une robe" et miracle je viens de prouver que Christine Le Doaré = Eric Zemmour = MRA!
Alors que non, malgré la haine que j'ai envers ces deux individus je ne dirais jamais que Christine Le Doaré = Eric Zemmour ni même que Christine Le Doaré = MRA. Christine Le Doaré est féministe, elle défend un féminisme transphobe, biphobe, raciste mais je ne lui retirerai jamais le nom de féministe.

Par contre j'aurai plus de mal à dire que Martin Dufresne n'est pas assimilable à Eric Zemmour ou aux masculinistes. La différence c'est que Martin Dufresne a trouvé comment gagner du pouvoir en refusant de payer en totalité le coût de la domination masculine, via le féminisme (j'y reviens plus tard).

Là je vais faire des petits ajouts à la critique de cette image transphobe.

  • Cerveau de femme :

    Je n'ai jamais entendu un masculiniste dire qu'il avait un cerveau de femme. Les masculinistes considèrent que les femmes ont pris le pouvoir et les oppriment. Ils ont tendance à valoriser la virilité et la masculinité alors d'où vient cette histoire de masculiniste qui viendrait dire qu'il a un cerveau de femme?

    Par contre il y a des femmes trans pour dire qu'elles ont un cerveau de femme. Oui il y a des femmes trans essentialistes mais il y en a aussi des constructionnistes. Comme il y a des femmes cis essentialistes et d'autres constructionnistes.
    De plus le constructionnisme et l'essentialisme ne sont pas deux camps distincts, il y a un continuum de positions entre les deux. On a par exemple des constructionnistes avec une vision réductrice de la socialisation, tendant vers l'essentialisme.


  • Les femmes/femelles sont privilégiées en tant que femmes/femmelles (alors nommez-vous cis)

    Les masculinistes disent en effet que les femmes sont privilégiées en tant que femmes car on vivrait dans une société matriarcale et que les pauvres petits seraient oppressés.

    Ce que disent les femmes trans c'est que les femmes cis sont privilégiées en tant que cis. Je répète au cas où vous auriez mal compris LES FEMMES CIS SONT PRIVILÉGIÉES EN TANT QUE CIS.
    Contrairement à ce que prétendent les masculinistes elles sont opprimées par le patriarcat en tant que femmes.
    Contrairement à ce que prétendent les masculinistes nous sommes dans une société patriarcale où les hommes (cis) sont des dominants privilégiés.
    Mais nous sommes dans uns société cis-sexiste, dans une société transphobes où les femmes cis sont privilégiées par rapport aux femmes trans EN TANT QUE CIS!
    Nous ne nions pas l'existence du patriarcat et nous ne prétendons pas l'existence d'un matriarcat car c'est le patriarcat qui nous opprime, car c'est le patriarcat qui nous tue. Et le pire c'est qu'il nous tue avec la bénédiction de féministes transphobes nous assimilant aux masculinistes.


  • Votre socialisation féminine ne compte pas / La socialisation féminine des filles ne compte pas - n'est pas le sujet

    N'étant pas masculiniste (contrairement à ce que pense Martin Dufresne, ses amies Cathy - je harcèle des trans - Brennan ou Christine Le Doaré et d'autres féministes transphobes) et ayant du mal à supporter les discours des masculinistes sans hurler je ne sais pas ce que pense les masculinistes de la socialisation en général et de la socialisation féminine en particulier. Bon après je m'en fous un peu de ce que pensent les masculinistes, en général et en particulier. Je pense qu'ils ont tendance à être plutôt essentialiste, à penser les femmes inférieures par nature et je pense qu'en effet ils considèrent que la socialisation ne compte pas.

    Maintenant parlons des trans. Comme je l'ai dit plus haut il y a des trans essentialistes et des trans constructionnistes.
    J'ai déjà parlé des socialisations trans sur ce blog et je vais éviter les redites.
    Je penses que les socialisations des filles/femmes est un sujet important mais parlons-en au pluriel. En effet il n'y a pas une socialisation féminine mais des socialisations féminines, en parler au singulier c'est considérer la socialisation d'une bourgeoise blanche cis hétéra valide comme LA socialisation féminine (et c'est ce qu'on appelle, je crois, de l'universalisme).
    Ici j'ai l'impression que la socialisation est utilisé comme argument d'autorité, le sous-entendu étant que les vraies femmes ont LA socialisation féminine, les femmes trans non et du coup elles nieraient l'existence/l'importance de ces socialisations. Mais on ne dit pas ce que l'on met derrière ce concept de socialisation. Est-ce qu'on parle du formatage social par la famille, l'école, les ami-e-s... ?
    Dans la petite enfance?
    Jusqu'à la puberté?
    Toute la vie?
    Est-ce qu'on prend en compte le fait que certaines familles sont plus ou moins conscientisée aux féminismes?
    Là j'ai juste l'impression que l'on fait des socialisations féminine une chose abstraite propre des femmes cis. Comme si, par essence, les femmes cis socialiseraient toutes d'une seule et même façon (bonjour constructionnisme à tendance essentialiste).


  • Arrêtez de parler de vos appareils reproductifs / Arrêtez de parler de vos appareils reproductifs ça hurte mes sentiments

    Alors là encore je ne sais pas trop ce qu'il en est des masculinistes.
    Comme ils sont proches des mouvements sexistes/homophobes/transphobe style manip pour tous je pense qu'ils partagent leur vision des choses sur les cours d'éducation sexuelle, c'est à dire qu'ils veulent des cours de reproduction sexuelle.
    On explique vite fait les hormones, fabrication du spermatozoïdes et éjaculation, fabrication des ovules et ovulation, mettre une capote, pénétration vaginale, rencontre du spermatozoïde et de l'ovule, gestation de neuf mois accouchement.
    En effet les masculinistes ne veulent pas qu'on parle des sexes en général mais surtout pas des sexes dits "féminins".

    Et les trans dans tout ça?
    Je ne peux pas vraiment parler de toutes les trans mais comme Martin Dufresne et ses ami-e-s (pro-)féministes transphobes me considèrent surement comme "MRAs in drag" je vais répondre ce que je pense.
    Il FAUT des cours d'éducation sexuelle de qualité. Où on enseigne que l'on peut attraper des MST autrement que par une pénétration vaginale sans capote (par exemple via le sexe oral et le sexe anal) y compris dans un rapport sans mec cis.
    Des cours où on enseignerait aussi qu'il existe plus de deux sexes.
    Des cours où on parlerait des différentes a-sexualités.
    Des cours où on expliquerait l'importance du consentement et qu'on ne peut en aucun cas outrepasser un non.
    Des cours où on expliquerait l'importance d'un safe word dans le BDSM.
    Des cours où on parlerait aussi d'identité de genre.
    Bref des cours où on pourrait parler avec les jeunes de leurs sexualités, sans jugements de valeur sur leurs pratiques et en leur donnant les indications necessaire pour avoir des pratiques safer.
    Il faut de l'empowerment autour des sexes de meufs cis mais aussi autour des sexes de meufs trans, de mecs trans, de trans non binaires, d'intersexes...
    Parler des sexes de femmes cis comme de "sexes féminins" (et des sexes d'hommes cis comme de "sexes masculins") c'est du cis-sexisme, c'est de la transphobie. Bien sûr cela "heurte nos sentiments" mais s'il n'y avait que ça limite on pourrait faire avec. Le problème est aussi politique.
    Dire qu'il y a un sexe d'homme et un sexe de femme c'est légitimer le contrôle que le patriarcat exerce sur les corps des trans, des intersexes mais aussi des femmes cis. Contrôle sur les corps trans avec la stérilisation et les opperations génitales imposées (et une forte pression exercée pour que nous fassions ces opperations). Contrôle sur les corps des enfants intersexes pour les mutiler afin de les faire rentrer dans une norme binaire. Et contrôle sur les corps des femmes cis, dicter quelle taille doit avoir le clitoris, quelle forme doivent avoir les lèvres, sous-entendre qu'une Vraie Femme est une femme fértile; les autres étant releguées au rang de sous-femmes.


  • Mes sentiments sont plus importants que votre vécu

    Il me semble que le discours des masculinistes c'est plutôt "nos vécus de mecs cis hétéros (réels, concrets, politiques) sont plus important que vos sentiments de femmes car de toute façon les femmes ça fonctionne aux sentiments espèces de bande d'hystériques sentimentales qui n'ont pas de réflexions neutres politiquement à cause de leurs sentiments".
    Après je me trompe peut-être, comme je l'ai dit écouter les masculinistes est pour moi un supplice du coup j'ai tendance à les zapper.

    Nos sentiments de trans : ON S'EN FOUT!
    Enfin pas vraiment mais cette argument (et le précédent) laisse(nt) entendre que les trans sont dans le ressenti, le non-politique et que les femmes cis sont dans le vécu concret, réel, politique.
    C'est un sac à coprolithes.
    Je ne peux pas nier que mon ressenti influence mes réflexions politiques. Je ne suis pas neutre.
    Mais qui l'est?
    Les féministes transphobes peuvent-elles assurer que leurs ressentis n'influencent pas leurs réflexions politiques?
    Un partout balle au centre.
    Maintenant est-ce qu'il s'agit de nier les vécus des femmes cis?
    Non. Je crois que je n'ai jamais vu de femmes trans nier les vécus des femmes cis ou dire qu'ils n'avaient pas d'importance. Encore moins chez les femmes trans féministes. Par contre j'ai vu des féministes cis (et pas forcement les plus transphobes) nier ou minimiser les vécus des femmes trans, car nous sommes une "micro-minorité" et/ou car aux yeux de certaines nous sommes des mecs.

    Et maintenant parlons politique.
    Nier (ou minimiser) les vécus des femmes trans c'est nier (ou minimiser) le fait que le patriarcat les opprime (meurtres, viols, précarité, insultes, agressions physiques, harcèlement...).
    Nier le caractère politique de ces vécus c'est laisser le patriarcat opprimer ces femmes (voire s'allier au patriarcat pour les opprimer) car certaines ont jugé leurs vécus illégitimes.
    Et utiliser nos sentiments pour nier ces vécus et leur caractère politique c'est misogyne. C'est un arguments qu'utilisent les anti-féministes pour nier les vécus de femmes et leur caractère politique. Nous ne serions pas neutres car trop influencées par nos sentiments (un truc de gonzesses) l'homme quant à lui est présenté comme neutre, réfléchit, capable de mettre ses sentiments de côté. Je sais que pour certaines être féministe c'est rejeter ce qu'on associe à la féminité, y compris le fait d'exprimer ses sentiments et de faire preuve d'empathie. Si vous êtes une femme qui a du mal à exprimer ses sentiments ou à faire preuve d'empathie cela ne me pose AUCUN PROBLÈME mais évitez d'utiliser le fait d'exprimer ses sentiments ou de faire preuve d'empathie pour invalider certaines femmes.


  • Critiquer les hommes / Me critiquer / c'est analogue au racisme

    Non. Cette analogie pue du cul peut importe cellui qui l'utilise.

    Est-ce que des masculinistes l'utilisent?
    Sans doute. Ou alors ils parlent de misandrie ce qui est tout aussi absurde.

    Est-ce que des femmes trans l'utilisent?
    Sans doute. Et je trouve ça tout aussi pourri. Les féministes transphobes sont transphobes. Ce n'est pas "un peu du racisme", c'est de la transphobie. Dire que c'est comme le racisme revient à faire perdre le sens politique des deux mots.
    Le racisme c'est une idéologie de hiérarchisation des races, pour plus de détails on clique pour aller voir la définition politique du racisme par Ms Dreydful.
    Le cis-sexisme (et la transphobie qui y est liée) c'est une idéologie dans laquelle les trans sont opprimé-e-s, inférieur-e-s aux cis dominant-e-s, privilégié-e-s.

    Maintenant je peux aussi souligner les fois où ce genre d'analogie entre genre et race a été utilisé par des féministes transphobes, mais j'ai la flemme.

    Ce qu'il faut rappeler c'est que ce genre d'analogie, peut importe qui l'utilise, invisibilise les trans racisé-e-s.


  • Parler des sujets de femelles (femmes cis, la Vraie Fâme) c'est de la bigoterie et c'est excluant.

    C'est "drôle" de prêter ce discours aux masculinistes qui sont sexistes, anti-IVG, anti-divorce, anti-agency des femmes, homophobes, transphobes... et proches des cathos intégristes (en France Christine Boutin est proche de l'association masculiniste SOS Papas). Il diraient surement que c'es excluant car pour eux si ça ne parle pas du bourgeois blanc cis hétéro c'est excluant mais de la bigoterie?
    Hôpital, charité et tout et tout.

    Maintenant pour ce qui est des trans.
    Oui la transphobie de certaines féministes cis est excluante.
    Nous ne sommes pas le seule groupe de femmes minoritaire à trouver qu'un certain féminisme est excluant. Des femmes cis racisées, prostituées, lesbiennes, bies... expliquent comment elles sont exclues par certaines féministes (je vous aurais bien mis des liens mais sa bug chez moi, vous pouvez allez voir les blogs de Ms Dreydful, de Mélange Instable, des Choses Aléatoires, de Prose pour commencer et vous balader de liens en liens - surtout si vous êtes anglophobe). Mais au lieu de se remettre en cause certaines préfèrent attaquer celles qui osent critiquer leur féminisme, c'est ce qu'on observe ici avec les trans.
    On met les trans dans le même sac que les masculinistes comme si l'exclusion des mecs cis valait celle des meufs trans.

    Et les sujets de femelles je sais pas ce que c'est. Surement un truc de féminisme concret qui ne concernent que La Fâme TM. En tout cas ni moi ni aucune de mes amies cis n'a été invitée à la réunion d'information sur ce qu'étaient ces sujets et quelles étaient les revendications légitimes.


  • Le femelles ne devraient pas être autorisée à se rencontrer sans mâles / moi

    Cf plus haut, les féministes transphobes considèrent que l'exclusion des meufs trans est comparable à celle des hommes. Je ne suis pas d'accord (mais vous vous en doutez).
    Cf ce que j'ai dit plus haut sur l'oppression des femmes trans qui n'est en rien comparable à celle des hommes pro-féministes qui "refusent d'être un homme".
    Et puisqu'on parle de non-mixité parlons de ces hommes pro-féministes.
    La non-mixité doit être politique et pas se restreindre à un espace-temps restreint. Si c'est pour laisser des hommes cis hétéros reprendre le pouvoir hors de cet espace-temps, si c'est se contenter d'un espace-temps non-mixte qu'ils daignent nous accorder désolée mais => sac de coprolithes. Et on voit quoi dans les espaces féministes transphobes?
    Une grande présence de mecs cis hétéros qui relaient des femmes et vont dire laquelle est légitime ou non, qui traduisent des féministes pour les relayer à l'étranger (et légitimer leur présence dans les espaces féministes par ce travail de traduction), utilisent les médias télé/radio/journaux pour nous dire à quel point ils sont de gentils gentleman anti-sexistes, travaillent en collaboration avec certaines féministes renommées (prenant la place que des femmes pourraient avoir et légitimant un peu plus leur omniprésence)...
    Et à côté de ça on va présenter une "micro-minorité" de meufs trans féministes comme l'ennemi public numéro 1 de la non-mixité?
    Laissez-moi rire . . . ^o<
    Ah bah non en fait j'y arrive pas.

    Et encore une fois le but des féministes trans n'est pas celui des masculinistes.
    Là où les masculinistes veulent empêcher toute réunion de femmes les femmes trans veulent participer aux échanges avec les féministes cis.
    Là où les masculinistes veulent nier la politique des femmes et leurs vécus les trans veulent partager leurs vécus de femmes trans, opprimées par le patriarcat.
    Bon en vrai je n'ai aucune envie d'être dans un espace rempli de féministes transphobes, qui me considèrent comme un masculiniste en drag (coucou les amies trans de CLD et/ou Dufresne, gardez à l'esprit que c'est comme ça qu'iels vous voient) mais ce n'est pas à moi (et aux autres trans) d'accepter la transphobie de certaines féministes, c'est aux féministes de refuser la transphobie dans leurs espaces, mixtes ou non.


  • Les féministes / radfems sont justes aigries car elles sont moches / imbaisables

    Bon c'est un discours fréquent chez les masculnistes / anti-féministes alors passons.

    Les femmes trans diraient que les radfems sont aigries car imbaisables.
    Bizarre mais je rejoins ce que dit Lena à ce sujet, j'ai plus l'impression d'entendre les radfems dire que les femmes trans sont imbaisables que l'inverse. Quand on est trans on peut avoir le sentiment d'être imbaisables, pas aimables (ça veut pas dire qu'on est désagréables mais qu'on ne peut pas être aimé-e-s - encore qu'on peut être les deux).
    On peut aussi rappeler le harcelement de Cathy Brennan, quand elle poste des photos de meufs trans sur son blog pour les insulter, les humilier, dire à quel point ces meufs sont imbaisable car "VOUS N'ETES PAS DES FEMELLES" (oui, elle le dit en caps lock).
    Après on a pas vraiment envie de relationner avec des transphobes... même si parfois on se retrouve quand même en couple avec un-e transphobe.


  • Avoir des rendez-vous amoureux est mon droit humain

    Bon OSEF les masculinistes, je serais pas étonnée que certains disent cela.

    Maintenant parlons des trans.
    Certain-e-s trans considèrent peut-être qu'avoir des rencards et leur droit. D'autres considèrent qu'un non ne doit jamais être outrepassé, même pour un rendez-vous amoureux.
    Mais au risque de vous surprendre il y a aussi des femmes cis qui se passent du consentement pour tripoter, caresser, embrasser d'autres femmes (trans ou cis) et aussi certaines qui outrepassent les non ou cherchent à les outrepasser.


  • Les lesbiennes sont méchantes de ne pas vouloir sucer ma bite.

    Masculinistes : OSEF.

    Trans : Lire mon post sur le questionnement du non (encore une fois je parle de questionner et en aucun cas d'outrepasser). [Il est 2:30 et je vais pas pouvoir dormir avant d'avoir fini donc je me presse un peu pour la fin]


  • Les féministes devraient me laisser passer d'abord

    C'est bizarre mais quand j'entend certaines féministes cis ce que j'entends c'est "nous d'abord". Ca se ressent jusque dans les discours de la ministres des droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem qui vient dire que pour les trans l'urgence c'est d'attendre (priorité aux cis). Le même gouvernement qui a décidé d'enterrer l'accès à la PMA pour tou-te-s (priorité aux hétéras cis).
    Je vais faire dans la hiérarchisation des luttes mais merde les trans attendent depuis 40 ans, depuis Stonewall [et comme l'a rappelé Léna à l'origine des émeutes de Stonewall -c'est à dire du mouvement pour les droits GLBT- il y avait des trans racisées (Sylvia Rivera, Marsha P. Johnson) et des prostitué-e-s, des sans-papiers, des sdf, des prolos, des folles, des butchs...] alors ouais je trouve qu'il serait temps qu'on nous écoute, pour une fois.

J'aurais pu parler de la représentation personnages-bâtons de cette image de propagande transphobe (le MRA/la trans représenté-e-s bite à l'air par exemple, je me balade nue chez moi de temps en temps mais je me suis jamais baladée nue en public).

Le plus important (politiquement parlant) c'est de se demander "à qui profite le crime?".
Cette image nuit-elle au patriarcat?
Je ne vois pas comment. Elle tape un peu sur les masculinistes mais je ne pense pas que cela ait beaucoup d'impact sur ces hommes et le pouvoir que peuvent avoir les groupes masculinistes.
Cette image tape surtout sur les trans, une population déjà opprimée, marginalisée, stigmatisée, frappée, tuée...
Cette image sert à légitimer la transphobie de certaines féministes et à pour but de convaincre certaines féministes cis que la transphobie fait partie des fondamentaux, de convaincre que les femmes trans sont des ennemies du féminisme.
Mais cette image permet aussi à des pro-féministes cis hétéros de se faire une place auprès de ces féministes transphobes en la relayant.

 

BdSnvMXCIAAtt9Q
Pro du féministe brandissant courageusement sa bite
pour taper sur les trans et avoir du pouvoir via le féminisme

Rappelons que ce n'est pas la première fois que Martin Dufresne assimile les trans aux masculinistes, qu'il a aussi dit que Cathy Brennan n'est pas transphobe (et que trans = bullshit un peu) et qu'il a fait la pub de cette féministe transphobe. Il a même été jusqu'à dire qu'il était un peu trans car il "refusait d'être un homme".
Alors certain-e-s vont peut-être me signaler qu'il parle d'activistes trans et pas des trans en général mais c'est comme quand la manip pour tous se prétend non-homophobe car elle s'en prend au "lobby gay". Il ne supporte pas les trans qui font entendre leurs revendications, il veut des trans silencieuse, invisibles, soumises, qui ne lui fasse pas d'ombre à lui qui bouffe tant d'espace.

J'ai l'impression de me répéter encore et encore (c'est que le début d'accord, d'accord - désolée, il est trois heures j'ai pas pu me retenir) mais force est de constater que les choses n'évoluent pas. Des féministes continuent de considérer que la transphobie au sein des féminismes n'est pas leur problème, d'accepter des transphobes dans leurs espaces, est-ce qu'elles refusent de voir?
Est-ce qu'elles refusent de s'opposer à certain-e-s car iels ont plus de pouvoir qu'elles?
Est-ce qu'au final elles sont d'accord avec l'exclusion violente des trans et une alliance partielle avec le patriarcat pour les opprimer?
Je sais pas.
Et je m'en fous un peu.
Je ne fais que constater le silence de certain-e-s. Un silence qui les place du côté de mes ennemi-e-s.

Koala