On m'a dit que toute chose a une fin.

Vous me connaissez sous le pseudonyme de Koala.
Certains me connaissent sous le prénom de Cassandra. Cassie pour les ami-e-s.
Je suis une meuf trans et je souffre de dysphorie de genre. J'aime pas le terme de dysphorie de genre mais la vérité c'est que je suis très loin d'être euphorique.
Certain-e-s d'entre vous on peut-être vu le petit texte d'hier soir (ou tôt ce matin) à ce sujet. Sinon c'est pas grave, je l'ai supprimé mais ce que j'y disais n'était pas vraiment important. Je racontait comment je me griffe le corps tellement je le/me déteste. Comment j'ai eu envie de me taillader le visage à coups de cuter. Comment je ne supporte plus de voir mon reflet dans le miroir.
Et comment certaines personnes cis peuvent aggraver cette sensation de n'être qu'une monstresse.

Je racontais aussi que j'ai un défaut, celui d'aimer les gens. Celleux que je considère comme des ami-e-s je les aime. J'arrive pas à nuancer mes sentiment, à faire de la hiérarchisation. Cela ne veut pas dire que je veux avoir des relations sexuelles, romantiques ou construire une vie sentimentale avec celleux que je considère comme des ami-e-s. Avec certain-e-s je veux les trois, avec d'autres je ne veux aucun des trois. Cela ne m'empêche pas d'aimer ces deux personnes.
Et du coup il m'est arrivée de me taire par amour pour certain-e-s.
Des gens qui au final s'en foutent de moi. Koala les intéresse d'avantage que Cassandra. On va me dire que ce que j'écris est important un jour, me demander des conseils, puis le lendemain m'abandonner car je suis devenue trop violente, trop amère, plus assez choue. On ne voit que la cyber-meuf Koala et on essaie pas de comprendre ce que peut ressentir la Cassandra qui est derrière. Ce n'est qu'un pseudo, un compte sur un réseau social, une profil picture. Pas une vraie personne avec de vrais sentiments. Pas une vrai personne avec une vraie vie. Tout ça c'est virtuel, simple comme un clic.

On m'a dit que toute chose a une fin.

J'ai tendance à aimer écrire. Je crois que c'est l'un des trucs qui me plait le plus. Puis au moins quand mes mains tapotent sur le clavier je ne me griffe pas, je ne me scarifie pas, je ne suis pas tentée de m'arracher la peau du visage. Cela me permet de penser à autre chose.
Mais les larmes rendent le goût de l'écriture amer.
J'ai supprimé facebook. Supprimé twitter. J'hésite à supprimer le blog.
J'ai reçu des messages d'amour et je me sens lâche d'avoir tout abandonné.

On m'a dit que tout avait une fin

Je ne supporte plus les cis qui se revendique allié-e-s des trans. Je veux dire quel besoin ont certain-e-s de (re)dire à quel point iels sont nos allié-e-s?
C'est pour prouver quoi et à qui?
Tu es un-e allié-e?
C'est cool alors ferme ta gueule et écoute, reste en retrait, ne vient pas me dire que tu es mon allié-e. J'ai pas de cookies à distribuer.
J'ai remarqué que les ami-e-s les plus fidèles sont celleux qui ne te promettent rien. Je crois que c'est la même chose pour les allié-e-s, les meilleur-e-s sont celleux qui ne vont pas se avoir besoin de nous dire qu'iels sont des allié-e-s. Bien sûr iels feront des boulettes, comme les ami-e-s. Mais je pardonnerais plus facilement quelqu'un-e qui n'a pas porté sa qualité d'ami-e/allié-e en étendard.

On ma dit que toute chose avait une fin.

Et c'est peut être la fin pour Koala.
Retrouver une vie d'ermite enfermée dans mon salon. Comme il y a bientôt trois ans. Me couper de tout pour ne plus jamais être déçue par des gens que j'aime.
Je sais pas trop.

Cassandra