Que les choses soient claires, je ne suis pas maoïste.
Je ne vais pas traquer tous les universitaire pour les exécuter les un-e-s après les autres.
Que les choses soient claires, je ne vous dois rien. Pourquoi justifierais-je ma colère, ma tristesse et la façon dont je les exprime?
Mon féminisme n'est pas AOC (Appellation d'Origine Contrôlée). Tout ça chez moi est improvisé et sans permis. 
Je n'ai pas lu Butler, Delphy, Fausto-Sterling ou je ne sais quel-le autre. Je ne les ai pas lu et je n'ai pas l'intention de les lire.

Il y a eu ce tweet me donnant l'impression que moi et mon militantisme de prolote ne valions rien.
Ou en tout cas bien peu de chose par rapport aux militantismes que j'appelle universitaires.
Ce tweet ne me visait pas personnellement, il ne disait pas : "Hey toi, la meuf Koala, tes qu'une bouseuse du militantisme".
Ce tweet ne visait même pas les prolo-te-s du militantisme en général.
C'était juste un tweet où une féministe rappelait ses connaissances es féminismes mais il y avait du mépris de classe dans ce tweet. Comme si ces connaissances académiques faisait de cette femme une meilleure féministe que celleux qui ont surtout leur vécu comme bagage.

Il y a aussi eu ces piques pour faire comprendre que je ne pouvais pas vraiment critiquer les RadFems sans connaître sur le bout des doigts l'histoire des féminismes depuis les 100 dernières années.
Quand je vois les problèmes de transphobie de celleux qui se revendiquent RadFem j'en parle. Je dis "aïe" avec les moyens du bord. Non je ne suis pas experte, je ne suis -faut-il le rappeler- qu'une féministe improvisée. Mais ai-je besoin de lire tout ce qui a été écrit par des féministes pour voir que telle personne tient des propos transphobe?
Je me donne le droit de critiquer les propos transphobes de n'importe quel-le féministe, même Delphy, et tant pis si selon certain-e-s je n'ai pas le "bagage intellectuel" suffisant pour cela.

Et il y a eu cette défense d'un texte pourri en mode "Non mais vous n'avez pas vraiment compris le message de l'autrice". Merci encore une fois pour ce mépris, merci de considérer certaines personnes comme trop bêtes pour comprendre quand quelque journaliste, autrice, universitaire et/ou féministe reconnu-e dit de la merde.

Et à côté il va y avoir celleux qui vont trouver qu'écrire un dossier sur les trans est révolutionnaire. 400 pages de masturbation sur nos identités et après on nous jette comme de vieux mouchoirs.
Et personne ne se demande pourquoi certain-e-s trans peuvent accepter de jouer le jeu, pourquoi certain-e-s acceptent de répondre aux questions d'univer-cis-taires?
Et il y a les queers univer-cis-taires, les so queer, so funny qui vont parler de déconstruction du genre dans un post-structuralisme non-binaire et néo-foucaldien, qui adoooooorent les trans car c'est trop subversif tu vois. Mais au final est-ce que ces "so queer" en ont quelque chose à faire de la (sur)vie des trans?
J'ai l'impression que pour elleux tant que les trans restent à leur place de créatures subversives c'est cool mais si on est jugée "trop binaire" alors là  tout de suite c'est moins drôle, si on entre dans le concret et que l'on aborde les questions de privilèges cis c'est moins funny.
Queer univer-cis-taire va donc déconstruire ta mère.
Mais là encore des trans jouent le jeu. Et personne ne se demande pourquoi.

J'ai un peu joué le jeu.
Car je pensais que cela m'apporterait quelque chose.
Car je me sentais isolée et car j'avais cette envie d'être acceptée.
Et qu'est-ce que cela m'a apporté au final?
Rien.
Ah si pardon, des prise de tête avec des questionnement sur les féminités, les masculinités, tout déconstruire mais pour mettre quoi à la place?
Et à côté de ça je devais continuer à avancer, tenter de (sur)vivre au quotidien.
Je trouve que c'est violent de parler de déconstruction du genre quand on est bien assis-e sur ses privilèges cis. Peut-être que certain-e-s trans s'y retrouvent, tant mieux pour elleux. Mais combien font comme moi et jouent le jeu pour se sentir un peu acceptées?

Alors je gueule "Die Universitaire Scum".
Car je vois deux trans nier les privilèges d'un gay cis en s'appuyant sur des écrits d'univer-cis-taires queers paillettes.
Car je vois encore ces étudiant-e-s qui n'en ont rien à faire de ce que vivent les trans mais n'ont rien trouvé de plus original à étudier.
Car on me renvoie cette impression de n'être rien alors que je n'ai pas vraiment besoin de cela pour me sentir nulle merci.
Car on ne me traite comme si j'étais trop bête (ou n'ayant pas le bagage suffisant) pour vraiment comprendre certaines choses.
Car on emploie un jargon incompréhensible et qu'on me dit que je dois faire des efforts, qu'on ne s'abaissera pas à mon niveau.
Vous avez le droit de me trouver trop violente mais c'est vital pour moi de parfois faire exploser cette colère. J'essaie d'en garder un maximum à l'intérieur. Parfois j'en décharge un peu en me scarifiant (non mais c'est la dernière fois). Mais parfois j'ai besoin de gueuler un coup, j'ai besoin que ça explose.
Et non, je ne veux pas distribuer les bons points. A vous de savoir où vous vous situez mais franchement je ne comprends pas que certain-e-s puissent croire que c'est vers elleux que ma rage est dirigée. Je sais que vous n'êtes pas tou-te-s comme ça et alors?
Vous voulez un cookie car vous ne mépriser pas celleux qui n'ont pas vos connaissances académiques?
Vous voulez un cookie car vous essayez de vous mettre au niveau du plus grand nombre?
Vous voulez un cookie car vous ne niez pas vos privilège cis?
Vous voulez un cookie car avant de me voir comme une trans vous me voyez comme Koala/Cassandra?
Je vous respecte, je vous aime, mais je ne vais pas venir vous rassurer quand j'ai besoin de laisser exploser ma colère.

Koala