C'est l'histoire d'un texte que je n'écrirai pas.
Je ne l'écrirai pas car je n'en ai pas la force.
Pas? Plus?
C'est l'histoire d'un texte que je n'écrirai pas.
Je voulais écrire un pavé pour une nouvelle fois hurler ma rage de la transphobie de certain-e-s féministes mais je n'en ai plus la force.
Plus? Pas?
Bah on s'en fout un peu.
C'est l'histoire d'un texte que je n'écrirai pas. Un texte qui aurait commencé comme le dernier : "Vas-y, frappe! Mais me rate pas, si tu m'rates moi je te raterais pas."
C'est l'histoire d'un texte que je n'écrirais pas. Un texte où j'aurais dit que pour moi les queers sont les oublié-e-s de Stonewall. Nous sommes un peu comme les marginaux et marginales qui étaient au Stonewall Inn le 28 juin 1969, quand les émeutes ont commencé. Nous sommes les trans, les travs, les homos précaires, racisé-e-s, putes, les folles, les butchs. Nous sommes celles et ceux qui ont été trahi quand les association assimilationistes ont repris le truc en main et ont entamé leur politique (toujours en cours aujourd'hui) "Rich, White and Gay". J'aurais alors dit que même si le(s) queer(s) me dérangent sur plein de points bah c'est une étiquette que je continue à aimer. 

Normalement une histoire ça doit commencer par il était une fois?
Est-ce que ça vaut aussi pour l'histoire d'un texte que je n'écrirai pas?
Bon, on va dire que oui.

Il était une fois une conférence RadFem 2013 annulée.
Pourquoi?
Je ne sais pas vraiment. Si j'ai bien compris le lieu où devait avoir lieu l’événement à reçu des menaces et a préféré annuler l’événement.
Est-ce que cela me fait chier?
Oui. Je hais les RadFems. Je les hais à cause de leur transphobie. Je les hais de croire que leur féminisme cis, blanc, plutôt bourgeois est universel. Je les hais et pourtant cela me fait chier que leur conférence ait été annulé.
Nous, féministes trans, aurions encore poussé des coups de gueules. Nous aurions essayé de pourrir le truc mais c'est "le jeu".
On nous traite comme si nous étions une menace... c'est quoi la couleur pour les trans?
Allez, on va dire fuchsia, je suis d'humeur grise et j'ai envie d'être une menace fuchsia.
On nous traite comme si nous étions une menace fuchsia et on s'étonne quand nous réagissons.
On s'insurge quand des queers sabotent des dédicaces de Sheila Jeffreys -féministe transphobe- mais on applaudit quand des féministes sabotent les dédicaces d'Aldo Naouri.
Tant que les RadFems auront des positions transphobes nous, transféministes, réagirons. Quand on reproduit les schémas d'oppression que le cis-hétéro-patriarcat nous fait subir alors il ne faut pas s'étonner que nous considérions certain-e-s comme des ennemi-e-s.
Mais au lieu d'essayer de comprendre nos critiques voilà que vous nous associez aux masculinistes. Ce qui est stupide et ignoble. Croyez-vous vraiment que nous ayons quoi que ce soit à voir avec ces merdes?
J'ose espérer que non et que cette accusation ne sert qu'à nous faire taire. Remarquez ce serait tout aussi ignoble.
Les masculinistes sont des merdes qui considèrent la féminisation de LHOMME comme un fléau dû au féminisme. Et nous, trans, serions de leur côté?
Laissez-moi rire... ouais non pour ça aussi je n'ai pas (plus?) l'énergie.
Vous croyez que je tape la bise à Zemmour?
« Bonjour Eric, toujours homophobe, raciste, sexiste? Trop cool mec! Au fait on se fait un brunch dimanche prochain? Et pour le passage à tabac toi et tes potes vous faites ça plutôt avant ou après? »
Rassurez-moi, dites-moi qu'en fait vous êtes juste transphobes mais que ça vous fait chier de le reconnaître alors que vous nous accusez d'être des masculinistes pour vous sentir légitime dans votre haine et votre rejet.

Bref c'est l'histoire d'un texte que je n'écrirai pas.
Un texte où j'aurai accusé certain-e-s féministes d'être transphobe.
Celui-là dont le site (une référence chez les RadFems francophone) est truffé de textes transphobes.
Celle-là, ancienne présidente de centre LGBT qui assure ne pas être transphobe mais quand même elle font chier ces "micro-identités" à invisibiliser les lesbiennes. Ne t'inquiète pas pour les risques de division Christine, ta transphobie non assumée ne nous donne pas envie de marcher avec toi.
Et surtout j'aurai accusé celleux qui se taisent. Qui pensent que les critiques internes nuiront à LA CAUSE et qu'un silence complice est préférable. Vous connaissez la citation de Desmond Tutu avec l'éléphant-e et la souris?
Celle qui dit que quand on ferme sa gueule on n'est vraiment pas du côté de la souris qui hurle qu'elle a mal à cause de cette crevure d'éléphant-e qui lui marche sur la queue?
Cis vous avez des privilèges, il serait temps d'en prendre conscience. Pouvoir vous taire quand des éléphant-e-s sautillent sur nos queues c'est un privilège. Nous ne l'avons pas. Car nous avons mal. Car nous hurlons de douleur pendant que vous faites semblant de regarder ailleurs.
De quoi avez-vous peur?
Pourquoi n'allez-vous pas dire à Martin, Christine ou aux autres que la transphobie n'a pas sa place dans le féminisme?

C'est l'histoire d'un texte que je n'ai pas écrit.
Mais c'est l'histoire d'un texte que je n'ai pas abandonné.
Vous avez de bribes de ce que je voulais dire et vous devrez vous en satisfaire.
Ceci n'est sûrement pas mon dernier texte au sur la transphobie en milieu féministe. La souris que je suis à tendance à vouloir agir, au risque de se retrouver entourée d'éléphant-e-s.
Mais je vais faire un break.
En tout cas je vais essayer.
La figurine Perona que je me suis achetée jeudi me donne envie de vous parler de One Piece, je pense que ça sera mon prochain texte. Je pourrais même vous faire une série de textes à ce sujet car c'est un vaste univers qu'à créé Eiichiro Oda et il y a trop à dire pour un seul texte. Allez, c'est dit,  mon prochain texte sera au sujet du manga One Piece.

Koala, épuisée mais topujours là @(-o-)@
Une Koala un peu naïve que la transphobie féministe use

Post scriptum 1 : Ce texte n'a pas pour but de convaincre les féministes transphobes. Je ne suis pas assez naïve pour croire cela possible. Mais je suis assez naïve pour croire qu'après lecture de ce texte quelques éléphant-e-s arrêteront de se taire en voyant d'autres sautiller sur les queues de souris.

Post scriptum 2 : Dans ce texte que je n'ai pas écris j'avais prévu de mettre certaines images. Je vous mets et je les commenterai rapidement ensuite.

bink1

Bon... Par où commencer?

D'abord la violence de Binka par rapport au témoignage de D me mets en rage/peine au point que j'ai envie de hurler/vomir/pleurer. Mais je vais essayer de me contrôler.
Et puisque elle veut de l'analyse politique alors je vais lui en donner.

Binka est une féministe transphobe, pour s'en convaincre de sa transphobie il suffit de lire son dernier message où elle dit que les propos pro-trans ne seront pas publiés. Elle assume donc le fait que son blog ait une ligne éditorial anti-trans.

Elle a une grille de lecture des questions trans qui est biaisée, car elle est transphobe mais aussi car elle est cis.
On retrouve l'association trans MtF = masculiniste pro-porno, pro-prostitution, pro-cosmétiques (?!) et FtM = pauvres créatures ayant intégrer la misogynie au point de se haïr. Raisonnement pré-fabriqué que l'on retrouve au mot prêt chez beaucoup d'autres féministes transphobes.
Binka considère que son point de vue (cis) est universel, hors ce n'est pas le cas. D et moi nous sommes trans et nous apposer une grille de lecture cis ne marche pas. Il est peut-être temps de se rendre compte que l'universalisme ne fonctionne pas et qu'il s'agit d'une lecture politique de dominant-e.
L'autre problème c'est la transphobie de Binka. En fait c'est simple avec elle à tous les coups les trans perdent. Si on considère le discours de D comme profondemment misogyne alors on devrait considérer que mon discours est misandre (ce qui n'est pas vraiment compatible avec le fait d'être masculiniste). Du coup considérons que je suis une masculiniste cherchant à détruire les féminismes de l'intérieur, D devrait alors être une figure héroïque de féministe cherchant à détruire le patriarcat de l'intérieur. Faites vos jeux messieurs et mesdames, la Binka rafle toujours la mise (oui, mes jeux de mots de 4h du matin ne sont pas tops).

PS 3 : Je vais répondre ici à la question du pro-porno et pro-prostitution (en fait je pourrais redire ce qu'à dit l'elfe). Quand bien même je serais pro-prostitution et pro-porno en quoi cela rendrait illégitime pour critiquer la transphobie de certain-e-s?
Bien sûr en fonction de mes positions sur ces questions certain-e-s vont décider de me retirer le permis de féministe. Voilà, je suis en désaccord sur ce point donc je suis pas une féministe AOC. Je pourrais répilquer en décrétant que les féministes transphobes et leurs allié-e-s ne mérite pas d'avantage ce/tte permis/AOC mais je n'aime pas celleux qui s'arrogent le droit de décretter qui (ne) mérite (pas) le nom de féministes. Et que savez-vous réellement de ma position sur ces questions?
Oui je suis amie avec des travailleuses et travailleurs du sexe, devrais-je en avoir honte?
Oui je ne suis pas d'accord avec la politique abolitioniste, pour moi c'est une politique qui cherche plus à raser les poils qu'à détruire le bulbe.

PS 4 : Par rapport au fait "d'attaquer" le patriarcat plutôt que les féministes. C'est mon but.
Le problème c'est que des éléphant-e-s m'ont marché sur la queue. J'ai cru qu'il suffirait que je leur dise "Aïe" pour que ces éléphant-e-s s'excusent et fasse attention à ne plus m'écraser la queue mais ça n'a pas marché. Il a fallu que je dépense du temps et de l'énérgie, que je répète plusieurs fois et sous différentes formes que j'avais mal mais même là j'avais l'impression de ne pas être entendue. Désolée d'avoir cru que je pourrais plus facilement me faire entendre des féministes que du patriarcat.
De plus je pourrais retourner le reproche a ces féministes transphobes, pourquoi nous attaquez-vous nous plutôt que le patriarcat?