La transphobie est un monstre multiforme. Ce n'est pas quelque chose que l'on peut reconnaître au premier coup d'œil et certain-e-s pourraient ne pas comprendre que je m'emporte pour tel truc, que je m’énerve pour telle petite chose.

Je n'aime pas cette impression d'être traitée comme une sorte de sous-humaine. Je suis une lolita, une fille plutôt douce et gentille, mais être lolita ce n'est pas être une idiote prête à se faire marcher dessus et quand il le faut je sais montrer ma force, je sais montrer les crocs, je sais mordre.


Transphobie et parcours Transsexuel

C'est l'histoire d'une trans qui était sortie du placard depuis presque deux ans. Une MtF de 25 ans qui avait besoin de démarrer un traitement hormonal. Elle y réfléchissait depuis près de 5 ans (avant même d'être sortie du placard) et elle était sûre d'en avoir besoin pour s'épanouir, pour être elle-même. Pour la vaginoplastie elle n'étais pas trop sûre, pourquoi pas, elle voulait continuer à y réfléchir, dans l’immédiat elle avait juste besoin de démarrer une thérapie hormonal. 
Elle essaya d'appeler des endocrinologues (endocrinologue : spécialiste des hormones) sur Angers. Le premier fit genre "je ne suis pas apte à m'occuper de ça" et lui conseilla d'aller voir à la clinique de l'Anjou ou au CHU. 
Un peu naïve elle appela la clinique de l'Anjou où ils lui dirent qu'ils ne prenaient que les patient-e-s qui étaient en suivit avec le équipes parisiennes. 
Ensuite elle appela le CHU où on lui donna un rendez-vous avec le docteur E (E pour endocrinologue). Et elle croyait que le tour était joué. 
Lors du rendez-vous elle expliqua sa situation, elle avait un mot de sa généraliste. Dans ce message la généraliste disait qu'elle adressait la jeune fille à un endocrinologue pour débuter un traitement hormonal, elle revenait aussi sur le fait que la jeune fille avait eu un suivi psychologique avec la psy de la fac ainsi qu'un court suivi psychiatrique au CHU (suite à une tentative de suicide causée par de grosses crises d'angoisses). 
Après avoir lu le courrier le docteur E a expliqué à la jeune fille que pour démarrer un suivi il devait être sûr qu'elle irait jusqu'au bout de sa transition, c'est à dire jusqu'à la chirurgie de ré-assignation sexuelle. Et que pour être sûr de ça il fallait avoir l'aval du docteur P (pour Psychiatre Parisien). Il ausculta la jeune fille et posa quelques questions sur sa sexualité auxquelles elle répondit sans mentir mais en essayant de lui faire comprendre qu'elle ne voyait pas en quoi cela influait sur son identité. Il a insisté sur l'importance de la ré-assignation sexuelle, une de ses phrases était qu'on ne pouvait laisser des individus avec de la poitrine, des traits féminins et un pénis, cette phrase choqua la jeune fille et à ce moment là elle préféra le laisser parler, elle aurait peut-être dû aller à l'affrontement, mais ce n'était pas dans son tempérament, pas encore. 

Vous l'aurez sûrement deviné, cette jeune trans c'était moi. Ce docteur E envoya une lettre que je recopie ici avec quelques commentaires : 
" Cher confrère, [A priori ma généraliste est une femme et il aurait dû l'appeler chère consœur mais c'est vrai qu'une femme médecin ça fait bizarre au XVII siècle... Ah, on m'informe dans mon oreillette que nous sommes maintenant au XXIe siècle. Au temps pour moi.] 
Je vois ce jour, comme vous le souhaitiez, le 15/12/20XX, Monsieur C. A. né le 02/11/19XX. [Il parle de moi] 
Il s'agit donc d'une demande de traitement hormonal à visée de féminisation en vue d'une prise en charge plus globale, probablement, jusqu'à une intervention et éventuellement un changement d'identité. [Changement d'identité ? Heu non je ne veut pas changer d'identité, juste avoir un physique et des documents officiels qui me permette de vivre en accord avec ce que je sais de mon identité] 
Sans revenir sur le parcours suivi psychiatrique et psychologique, j'explique au patient qu'il ne m'est possible de démarrer une hormonothérapie sans certitude d'une démarche qui ira à son terme, c'est à dire une intervention chirurgicale et un changement d'identité. [On y est, le changement de sexe comme but ultime, censé être le terme de la transition, le Graal qui ferait de moi une femme. Et si je n'en ai pas besoin ? Vous imaginez ! Je pourrais être bien dans ma peau, m'épanouir en tant que femme ET avoir un pénis. En plus ne pas faire cette opération ferait faire des économies à la sécurité sociale ! Quelle monstresse je suis. Et je vous rappelle que je montre rarement mon sexe en public.] 
Je lui donne les coordonnées du Docteur E2, endocrinologue à l'Hôpital Cochin à Paris, et du docteur P, psychiatre à l'Hôpital Foch à Paris en lui laissant le soin de prendre contact avec eux après en avoir rediscuté avec vous. 
Bien entendu, je suis à sa disposition pour un suivi de proximité si cette démarche débute, ce à quoi il veut encore réfléchir. [Là encore incompréhension et méconnaissance car vouloir réfléchir à l'utilité, pour moi, de la vaginoplastie signifiait pour le Dr E que je voulais réfléchir au parcours dans son intégralité.] 
Bien cordialement. 
Dr E."

 

C'était ma première confrontation avec la transphobie au sein du parcours trans, un parcours imposé, normalisé et qui ne prend en charge qu'une partie des trans, celles et ceux qui sont diagnostiquées comme transsexuel-le-s par les "expert-e-s" de la question trans (je vous invite d'ailleurs à regarder cette vidéo sur txy.fr, de la 24ième minute à la 43ième, qui parle du protocole officiel). La réputation des équipes prétendument officielles (SoFECT) avait déjà chatouillé mes oreilles. Des équipes que certain-e-s jugent transphobes, un jugement que je partage. 

D'abord je vais parler du "test de vie réelle", en gros pendant 1 à 2 ans (à priori plutôt 2) on vous impose de vivre dans le genre dans lequel vous vous reconnaissez afin de, peut-être, avoir le droit d'être considérer comme un-e vrai-e, un-e transsexuel-le (et obtenir le droit d'avancer). Alors si, sans hormones ou chirurgie, vous avez un passing plutôt bon voire moyen et un bon entourage cela ne devrait pas poser trop de problèmes (j'ai moi même vécu près de deux ans en tant que femme avant de démarrer ma thérapie hormonale, avec mon passing et mon entourage ce n'était pas trop dur). Mais sinon soyez les bienvenu-e-s en enfer ! Je trouve que c'est un test inacceptable, irrespectueux des personnes trans. En fait j'ai du mal à en voir le but sinon pousser certain-e-s trans à bout. Je vais dire les choses sans détour, oui je pense que ce test de vie réel peut pousser certain-e-s trans à se suicider, je n'accuse pas ce test d'être le seul responsable du suicide de certain-e-s trans mais il peut jouer sur leur fragilisation. Et le pire doit être quand après ces deux ans de test on vous apprend qu'en fait vous n'êtes pas un-e vrai-e transsexuel-le-s et que cette épreuve n'a servi à rien d'autre qu'à vous faire perdre deux années. 
Alors j'entends d'ici les réflexions comme quoi il vaut mieux être sûr-e-s et je comprends un peu ce discours mais un psy est-il le mieux placé pour savoir ce dont un individu est sûr ou non ? 
En 2004-2005, quand je furetais sur le net en guise de réponse je voyais quelques tutoriels pour expliquer aux trans les réponses que ces psychiatres attendaient, en gros comment se faire diagnostiquer comme transsexuel-le-s par de prétendu-e-s expert-e-s. Alors oui on ne peut jamais être sûr-e-s de rien, je n'étais pas sûre de vouloir vivre quotidiennement en tant que femme avant de faire ma première sortie, je n'étais pas sûre de vraiment avoir besoin d'un traitement hormonal avant que les premiers effets (poitrine qui se développe passing qui semble s’améliorer même si je ne m'en rend pas vraiment compte...) ne se fassent ressentir, et si aujourd'hui j'estime que je n'ai pas besoin de la vaginoplastie pour m'épanouir en tant que femme (oui, une femme à pénis ne vous en déplaise) je ne suis pas sûre de ne pas changer d'avis dans les jours/mois/années à venir. Je suis assez grande pour prendre conscience qu'on ne peut pas revenir sur certaines décisions, c'est aussi pour ça que je ne veux pas de la vaginoplastie à moins d'être certaine que cela sera bénéfique pour mon bien être (d'ailleurs dans la vidéo que je vous ai conseillé de regarder il est indiqué que certain-e-s trans accepteraient les opérations de ré-assignation sexuelle pour obtenir le changement d'état civil, ce n'est donc pas de l'opération dont ils et elles auraient besoin pour être mieux dans leur peau mais d'une reconnaissance de leur genre par l'état). Le problème de ces expertises c'est qu'il y aura toujours des gens pour tricher, des personnes qui auraient besoin d’entamer une transition qui se retrouveront écartées car n'entrant pas dans les critères et d'autres qui pourraient être diagnostiqué-e-s comme transsexuel-le-s alors que leur "problème" est autre. A moins que les pseudos spécialistes ne soient des semi-divinités infaillibles dans leurs diagnostiques (j'y croirais le jour où j'en verrais un-e marcher sur l'eau) ou que leurs diplômes donne plus de poids à leurs certitudes qu'aux notre malgré notre ressenti et souvent des années de réflexion. 
Désolée pour ce petit hors sujet à propos des certitudes mais je pense que c'était nécessaire pour montrer que ce test n'a pas de réel intérêt sinon apporter de la souffrance aux personnes trans, chose que je juge transphobe, de même que considérer qu'un-e médecin cisgenre (personne dont l'identité de genre "correspond" au sexe) est mieux à même de juger ce que devrait ressentir et vouloir une personne trans. 

L'autre chose que je remet en cause, mais ça vous avez déjà dû vous en rendre compte, c'est le fait que les opérations de ré-assignations sexuelles seraient nécessaires pour être une femme ou un homme (enfin surtout une femme, pour être un homme à priori il suffit de se faire castrer via une hystérectomie totale ou partielle). En gros encore une fois on associe l'identité à ce qu'il y a dans la culotte et croyez moi ou non je ne montre toujours pas ce qu'il y a dans ma culotte pour prouver qui je suis et non, je ne demande toujours pas aux autres de me montrer ce qu'il y a dans leurs culottes pour savoir qui ils ou elles sont. D'ailleurs, à bien y réfléchir en plus d'être transphobe on peut considérer que cette vision des choses est intersexophobe (d'intersexophobie, incompréhension, peur et haine des intersexes). En effet si l'identité c'est Pénis = Homme, Vagin = Femme, si l'on est forcement l'un ou l'autre et s'il n'y a aucune nuance alors quelle identité peuvent avoir les personnes intersexes (oui, c'est une question piège) ? 
Ces équipes prétendument officielles et le gouvernement français imposent le changement de sexe des MtF et plus ou moins la castration des FtM pour le changement d'état civil. Il faut un sexe pour avoir une identité mais du coup quelle identité laissent-ils aux intersexes ? 
Est-ce que la mutilation d'enfants intersexes pour les faire entrer, à leur insu, dans une petite case M ou F leur pose un problème ? 
Si ces mutilations les dérangent alors il y a un problème dans leur comportement par rapport aux question trans. Je vois difficilement comment on peut s'insurger contre les mutilations des personnes intersexes alors qu'illes sont enfants (et qu'illes pourraient ne pas se reconnaître dans le genre qu'on va leur associer de force en même temps qu'on leur associera un sexe) et imposer certaines opérations aux transgenres afin de les faire entrer dans les mêmes normes. 
Et si ces spécialistes trouvent normal de mutiler des enfants alors quel est leur position quant à l'excision ? 
Ah bah non, j'oubliais que l'excision c'est mal car c'est un acte imposé à un enfant. Mais si l'excision c'est mal alors la mutilation d'enfants intersexes c'est mal, pour la même raison.
Et si l'excision c'est mal, si les mutilations d'enfants intersexes c'est mal, alors pourquoi pousser une personne transgenre à faire une opération qu'il ou elle ne désire pas vraiment seraient une bonne chose ?

On pourrait croire que je m'oppose à toute opération de ré-assignation sexuelle, ce n'est pas le cas. Certain-e-s trans (-sexuel-e-s mais aussi -genres) ont besoin de ces opérations pour s'épanouir, et je trouve ça formidable. Mais il y a aussi des trans qui n'ont pas besoin de ces opérations pour s'épanouir et je trouve ça formidable. Ce que je ne trouve pas du tout formidable c'est de vouloir imposer des opérations à des personnes qui estiment ne pas en avoir besoin, de même que je trouverais inadmissible que l'on refuse ces mêmes opérations à celles et ceux qui en ont besoin. Imposer un parcours obligatoire est une attitude transphobe et pour sortir des cette transphobie il faut des parcours personnalisables où chaque trans pourrait se retrouver (ainsi que le remboursement des traitements et opérations et un changement d'état civil libre de toute condition et gratuit) avec expertises psychiatriques pour celles et ceux qui estiment en avoir besoin. Ça peut sembler utopique mais si on permet à chaque trans de suivre le parcours qui lui convient non seulement on sort de la politique transphobe qui a actuellement lieu mais en plus on pourrait même faire faire quelques économies à la sécurité sociale (moins de remboursements de psy, moins de remboursements d'opérations, et peut-être moins d'hospitalisations de trans pour tentative de suicide à rembourser).

 

Alors avant de passer à la suite je vais venir sur d'autres conséquences néfastes de ce protocole prétendument officiel. 

Ces équipes prétendument officielles n'ont, à priori, pas évolué depuis plus de dix ans, que ce soit dans les idées comme dans les pratiques, choses semblant assez logique quand on sait qu'elles se forment par cooptation, les nouveaux et nouvelles sont formé-e-s par les ancien-ne-s. De plus ces équipes n'auraient aucun contact avec les médecins s'occupant des questions trans dans d'autres pays. Bon je sais que quand on est français-e on est forcement le ou la meilleur-e dans son domaine, par exemple la réputation des chirurgiens français est tellement bonne que beaucoup de trans MtF préfèrent dépenser de 10 à 15 000 € pour aller se faire opérer en Thaïlande plutôt que par ceux qu'elles surnomment affectueusement les bouchers. 
A mes yeux on ne peut attendre de meilleures conditions de traitement pour les personnes trans avec ces équipes dites officielles et leur protocole. 

Autre problème c'est la précarisation des personnes trans. J'espère que personne ne tombera des nues en apprenant qu'il existe une précarité importante chez les trans (une précarité telle que certain-e-s font le choix de la prostitution pour avancer). Il est difficile de trouver un travail quand on est trans (déjà que ce n'est pas simple quand on est cis alors vous imaginez devoir expliquer que vous êtes trans lors d'un entretien d'embauche) et certain-e-s peuvent se retrouver virées pour des raisons bidons, la véritable cause du licenciement étant la transidentité de la personne. 
Imaginez... 
Vous vous retrouvez donc au dessous du seuil de pauvreté, on vous dit qu'il faut aller voir le docteur P à Paris pour être (peut-être) diagnostiqué-e comme transsexuel-le et alors avoir le droit de suivre un traitement hormonal (attention il va falloir deux ans de "test de vie réelle" et [je pense] plus d'un rendez vous à Paris avec le docteur P avant de pouvoir débuter un traitement) alors, si vous n'êtes pas parisien-ne comment faites vous pour vous payer des aller-retours à Paris ? 
Alors il existe d'autres psychiatres autoproclamé-e-s expert-e-s mais aucun-e prêt de chez vous (et pour rappel vous vivez sous le seuil de pauvreté). Du coup, comme vous estimez ne pas avoir besoin de cette expertise, vous allez chercher un endocrinologue qui acceptera de vous suivre sans avoir l'avis de ces experts (bon comme les endocrinologues ne sont pas forcement courageux on vous demandera peut-être un avis psychiatrique "pour être sûr-e-s" mais là vous pourrez voir ça avec un-e psychiatre de votre ville). Nouveau problème, vous ne trouvez aucun endocrinologue de la sorte dans votre ville, tous et toutes vous renvoient vers les équipes dites officielles. Vous apprendrez par d'autres trans que machin-e est un-e bon-ne endocrinologue et pour aller le voir ça ne vous coûtera "que" 30 à 40€ l'aller-retour. Du coup vous vous dites que ça peut le faire et vous allez voire cet-te endocrinologue qui acceptera de vous suivre pour un traitement hormonal, vous avancerez un peu. Mais vous aurez peut-être envie de vous acheter quelques vêtements féminins, peut-être voudrez vous commander cette paire de chaussures grande taille, et alors l'absence de ces 30 à 40€ se fera sentir. Et un jour vous vous direz qu'il serait agréable de passer par l’épilation définitive du visage. Sauf qu'en vivant au dessous du seuil de pauvreté ça restera pour vous quelque chose d’inaccessible.

 

Ces protocoles transsexuels sont donc transphobes mais pire, en faisant croire qu'il existe de vrai-e-s et de faux-sses trans et que seul-e-s les vrai-e-s auraient le droit aux soins ils sont, je pense, en partie responsables du conflit entre transsexuel-le-s et transgenres et d'une chose qui peut sembler incroyable, la transphobie de certain-e-s trans.


Des trans transphobes :

Alors certain-e-s auront du mal à y croire mais oui, il existe une transphobie chez les trans. Dès lors qu'un-e trans se considère supérieur-e à d'autres car son parcours c'est LE VRAI parcours et qu'il ou elle essaie d'imposer SON parcours (ainsi que son ressenti, sa vision des choses,...) à d'autres on peut considérer qu'on est face à un cas de trans transphobe. 
Si vous doutez encore qu'il puisse exister de la transphobie chez certain-e-s trans alors je vais vous parler de la partie état civil du dossier Transidentité : Constat et propositions de Trans-Europe. Pour des raisons de temps de motivation (et de moral au moment des faits) je n'ai traité que de la première partie sur le changement d'état civil, mais si vous poursuivez votre lecture vous pourrez trouver d'autres points dérangeants.

 

C'est passablement énervée que j'ai écrit cette critique. 
C'était le 13 septembre. Je parlais avec des amis, je geekais un peu et tout à coup je vis un tweet de Yagg.

« Brigitte Goldberg, présidente du collectif Trans-Europe, reçue à #Matignon #LGBT [...] »

Stupéfaite je regarde ce dont il est question. Et très vite ma stupéfaction devint de la colère. 
Trans-Europe avait décidé de porter à l'Elysée le texte que je vais critiquer ici. A priori cette association était allée seule à l’Élysée sans autres associations trans et, par extension, LGBT. C'est un comportement que je n'aime pas et je me pose des questions sur son but. 
Essayer de couper l'herbe sous le pied d'associations ne partageant pas le point de vue de Trans-Europe ? 
Essayer de présenter ses idées comme ce que voudraient les trans alors que cet avis est loin de faire l'unanimité ? 
En tout cas j'ai eu l'impression qu'on avait parlé en mon nom de femme transgenre et quand on dit des choses qui ne me plaisent pas en mon nom alors je réagis.

 

J'ai déjà beaucoup parlé du changement d'état civil et j'ai dit ce que je pensais des expertises médicales. 
Alors je répète mes questions : 
Un médecin est il apte à juger de mon identité ? 
Un médecin peut-il décréter que je suis une femme ou un homme et sur quels critères ? 
Peuvent-ils simplement s'arrêter sur le caractère physique et décréter que si elle a un pénis c'est un homme et s'il a un vagin c'est une femme ? 
Ou faut-il s'intéresser au sexe social, au genre, et dans ce cas là qui pourrait me dire ce que c'est qu'être une femme ou un homme social ?

On pourrait facilement me répondre que l'état civil demande le sexe des individus, c'est vrai, on vous demande si vous êtes mâle ou femelle et à priori l'être social ne compte pas. A priori seulement car ce petit M ou F va vous coller à la peau et on y associera un genre, un sexe social. Alors cela ne posera que peu de problèmes aux cisgenres mais pour ce qui est des trans (et là je parle des transgenres et des transsexuel-le-s) c'est un autre problème. Quand un-e trans comprend que son identité ne correspond pas à celle qu'on lui a attribué en fonction de ce qu'il y a dans sa culotte et qu'il ou elle décide de vivre la vie qui lui correspond alors elle ou il se retrouve emmerdé-e. 
Devoir expliquer pourquoi on a une apparence féminine et des papiers masculins ou l'inverse devient vite une situation de souffrance. Quand on va voter, quand on doit faire une demande d'APL à la CAF, quand on a un rendez-vous avec Pôle Emploi ou avec un employeur, quand on doit ouvrir un compte, pour des questions médicales, et j'en passe, tout un tas de situations où on vous demande plus ou moins des explications quant au fait que votre apparence, votre genre, ne correspond pas au genre ou à l'apparence qu'on associe au sexe inscrit sur votre carte d'identité. Ces situations je les ai vécues et je comprends celles et ceux qui, à cause de ce genre de chose, préfèrent ne plus voter et éviter les administrations autant que faire se peut car moi aussi j'évite si possible toute situation où j'aurais à donner un papier d'identité. 
Encore une fois on est dans la confusion entre sexe et genre, une confusion qui pose problème et ne me permet pas d'être reconnue par la société comme celle que je suis.

 

D'abord le fait que Trans-Europe ne critique pas les "expertises" médicales, physiques ou psychiatriques, mais réclame que, quand on a prouvé qu'on est un-e vrai-e transsexuel-le, on puisse changer de sexe au yeux de l'état civil pose problème.

« De fait, même lorsque le requérant présente des preuves irréfutables de changements irréversibles émanant de médecins membres d'équipes dites « officielles », certains TGI [Tribunaux de Grande Instance] n'hésitent pas à demander des expertises psychiatriques et médico-légales faisant fi des certificats produits. »

Après on pourrait se dire qu'il s'agit d'une critique (peut-être maladroite) des conditions actuelles de changement d'état civil où l'on vous demande certaines preuves mais où on peut refuser le changement d'état civil car vous ne souhaitez pas forcement montrer votre néo-vagin au premier ou à la première venu-e ou car vous refusez d'avoir à porter l'étiquette "malade mental-e atteint-e de transsexualisme" pour pouvoir avoir les papiers qui vous correspondent. Le problème c'est qu'ensuite Trans-Europe dicte quelles devraient être les conditions pour un changement d'état civil.

« Des conditions requises pour un changement de l'état civil :

Art 1 : Le trouble de l'identité de genre également appelé dysphorie de genre doit avoir été constaté par des médecins librement choisis par la personne concernée. Ce constat est établi sous la forme d'un rapport médical qui attestera du bien fondé et de la persistance de la demande ainsi que du consentement éclairé du, (ou de la) patient(e). »

L'article 1 nous ramène à la question de l’expertise médicale (psychiatrique ?) mais aussi à un questionnement plus vaste sur le genre, comment dire que tel individu est de genre plutôt féminin ou que telle personne est de genre plutôt masculin ? 
Trans-Europe semble donc considérer le fait d'être transgenre ou transsexuel-le-s comme une pathologie que certains médecins pourraient diagnostiquer. 
Un truc qui pourrait être intéressant à savoir au sujet des diagnostiques pour transsexualisme c'est qu'ils ne riment à rien. Enfin c'est que mon avis personnel. Mais c'est un avis qui repose sur ce que j'ai vu quand j'ai commencé mes recherches sur la question trans. Comme je l'ai dis dans le premier point à cette époque j'ai trouvé certains forums et cites qui donnaient des conseils pour être diagnostiqué-e-s comme "transsexuel-le primaire" par les "spécialistes". Pourquoi ces astuces pour "tricher" ? 
Car les psychiatres prétendument spécialistes n'acceptent de prendre en charge que celles et ceux qu'ils diagnostiquaient comme "transsexuel-le-s primaires". Du coup certain-e-s ont joué le jeu, ont dit ce qu'attendaient les spécialistes, pour rentrer dans la définition du transsexualisme et par là même renforcer cette définition. 
Ce n'est pas la seule remise en cause que l'on pourrait faire quant au transsexualisme mais à mes yeux il est important de se demander si ce diagnostique vient des trans ou des psychiatres. Pour préciser les choses mon questionnement est : le syndrome de transsexualisme est-il né d'une véritable étude des trans ou les psychiatres ont ils sélectionné des trans correspondant à certains critères (ou mentant pour y correspondre) et rejeté les autres afin de créer et confirmer ce syndrome ?

 

« Art 2 : Le ou la patient(e) doit justifier avoir été traitée médicalement pendant une durée suffisante pour adapter ses caractéristiques physiques à celles du sexe réclamé au moyen d'un certificat médical établi par les médecins librement choisis par la personne concernée. »

Maintenant passons à l'article 2, vous aurez une impression de déjà lu, c'est parce que Trans-Europe ne propose aucun réel progrès et s'inscrit dans la ligné de la Cour de Cassation. D'ailleurs pour le prouver une phrase que l'on peut trouver avant les conditions dictées par Trans-Europe :

« L'absence de toute législation à cet égard met ces personnes dont l'état a été reconnu par le corps médical et présentant une apparence physique opposée à celle de leur sexe de naissance dans l'impossibilité de justifier d'une identité conforme à leur apparence physique et à leur sexe psychologique, ce qui constitue une atteinte intolérable à leur droit au respect de la vie privée. »

Apparence physique d'un sexe... Vous vous souvenez ? 
Donc mesdames votre apparence physique est celle d'un vagin, messieurs votre apparence physique est celle d'un pénis. Encore une fois je montre rarement ce qu'il y a dans ma culotte en société et mes ami-e-s et connaissances non plus. Si les médecins "spécialistes" de la question trans, les membres de la Cour de Cassation ou de Trans-Europe exhibent leurs sexes pour prouver leurs identités alors ça ne regarde qu'eux et elles. 
Alors je ne parlerais pas des problèmes pour identifier le "sexe psychologique" d'une personne, que celui ou celle qui se sent capable de me dire ce qu'est une psychologie masculine ou une psychologie féminine le fasse, j'aime bien rire. Je vais plutôt m'attarder sur l'apparence physique. 
Je suis une MtF avec un passing plutôt moyen (enfin à mes yeux). Quand j'ai commencé à vivre en tant que femme on m'appelait parfois "madame" avant même d'entamer un traitement hormonal (j'ai même commencé à vivre les moments désagréable comme devoir justifier de mon identité pour voter). Et d'autre trans on vécu ça, être considéré comme un individu du genre dans lequel on se reconnait sans même avoir suivi le moindre traitement de féminisation ou masculinisation du corps. Il y a même des cisgenres vivant ce genre de choses. Du coup sur quoi un juge ou un médecin va-t-il statuer pour décider que machin-e a une apparence masculine ou féminine ? 
J'AI DIT PAS LE SEXE !
C'est quoi cette manie qu'ont certain-e-s à vouloir nous faire baisser la culotte toutes les deux minutes ? 
De plus devra-t-on passer par une sorte de concours de beauté pour déterminer si notre physique est assez masculin ou féminin ?

 

Avant de passer à la critique de l'article 3 je vais revenir sur une chose qui me désole un peu. Trans-Europe nous dit qu'être dans l'impossibilité de justifier d'une identité conforme à l'apparence physique et au genre est une atteinte intolérable à notre droit au respect à la vie privé (je suis plutôt d'accord). 
Mais vu qu'ils préconisent une thérapie hormonale et un changement de sexe (c'est l'article suivant) avant un changement d'état civil est-ce qu'il faut comprendre que cette atteinte serait moins intolérable quand ce sont des trans non opéré-e-s et/ou non hormoné-e-s qui doivent justifier d'une identité non conforme à leur apparence et à leur genre ? 
A mes yeux c'est ce que j'appelle de la transphobie et je n'ai pas honte de le dire. Oui je dis ici même que le texte sur le changement d'état civil de Trans-Europe est transphobe et je n'aurais pas peur de le répéter. 
De la transphobie à l'encontre des transgenres qui ne veulent pas forcement passer par la ré-assignation sexuelle ou par un traitement hormonal afin d'être vu-e-s comme les femmes et les hommes qu'ils et elles sont du point de vu psychique. Une peur qui conduit à une forme de discrimination en rejetant ces trans du projet Trans-Europe. Une transphobie qui laissant certain-e-s trans vivre des atteintes intolérables sous prétexte qu'ils ou elles ne suivent pas le parcours que d'autres ont suivi. Pire Trans-Europe rejette aussi celles et ceux qui suivent leur parcours mais n'ont pas encore fait de chirurgie de ré-assignation sexuelle ou qui ne suivent pas encore de traitement hormonale.

 

« Art 3 : La chirurgie de ré-assignation sexuelle n'est pas une condition obligatoire de la modification de l'état civil. Si l'état psychologique ou la santé de la personne souffrant de troubles de l'identité de genre ne permet pas sa réalisation, les traitements de modification de l'apparence physique devront être adaptés à l'état de santé du patient. »

Passons maintenant à la critique du troisième article. C'est le moment où Trans-Europe décide d'imposer encore plus leur parcours comme le seul parcours et donc, pour pouvoir changer d'état civil il faut passer par la ré-assignation sexuelle. Enfin non, c'est pas vraiment obligatoire, si notre état de santé ou notre état psychologique ne permet pas ce changement de sexe alors c'est bon. Mais si on n'en a juste pas envie ? 
Dans ce cas là pas de changement d'état civil possible dans les conditions dictées par Trans-Europe. Vous êtes un-e trans qui n'a pas besoin de ré-assignation sexuelle pour vous épanouir dans votre vie d'homme ou de femme ? 
Et bien pas de chance pour vous Trans-Europe nie cette identité. Ou en tout cas ce groupe voudrait vous interdire le changement d'état civil sous prétexte que vous n'avez pas besoin de ces traitements ou de cette opération pour être bien dans votre peau. Si la situation reste telle qu'elle est aujourd'hui ou devient ce que souhaiterait Trans-Europe vous vous retrouverez face à un dilemme. Soit subir des traitements et une opération que vous ne souhaitez pas dans l'espoir d'obtenir un changement d'état civil (sous réserve qu'un médecin estime que vous avez bien une psyché plutôt féminine ou masculine) soit ne pas subir cette opération, ne pas suivre ces traitements, et avoir à supporter ces atteintes intolérables à votre droit au respect de votre vie privé chaque fois que l'on vous demandera des documents administratifs.

« Compte tenu de la durée d'une transition, bien souvent plusieurs années, il est urgent et indispensable de mettre en place une législation qui permettent aux personnes concernées par les troubles de l'identité de genre d'avoir la possibilité de disposer de documents administratif (identité, sécurité sociale, etc...), qui soient conformes à leurs apparence physique et sexe psychologique aux fins de prévenir les actes d'exclusion et de discrimination dont ces personnes sont très fréquemment victimes tant sur le plan social que professionnel. »

Et c'est avec ça que je conclurais cette partie, une transition c'est long. Une transition ce n'est pas facile. Une transition c'est parfois douloureux. Alors pourquoi faudrait-il attendre la "fin" de cette transition pour avoir des documents administratifs conformes à notre genre, des papiers qui nous permettraient de mieux vivre cette transition ? 
Sur ce point je suis d'accord avec Trans-Europe, avoir des papiers en accord avec le genre dans lequel on se reconnait permettrait d'éviter l'exclusion et quelques discriminations. Ce que je n'aime pas c'est que Trans-Europe ne propose rien pour lutter contre l'exclusion et les discriminations envers les trans qui ne suivent pas un traitement hormonal et qui n'ont pas fait l'opération de ré-assignation sexuelle. Du coup c'est laisser ceux et celles qui désirent le traitement hormonal et la ré-assignation sexuelle être exclu-e-s et discriminé-e-s tant qu'ils et elles n'ont pas fait cette ré-assignation sexuelle. C'est aussi exclure et discriminer à vie les trans qui ne voudraient pas faire de chirurgie de ré-assignation sexuelle et/ou qui ne voudraient pas suivre un traitement hormonale.

 

A ces conditions pour un changement d'état civil je vais opposer celles pour lesquelles je milite, celle de la campagne d'interpellation égalité LGBT 2012.

« Changement d'état civil des personnes trans en application de la résolution 1728 (2010) qui demande que les pays accordent " des documents officiels reflétant l'identité de genre choisie, sans obligation préalable de subir une stérilisation ou d'autres procédures médicales comme une opération de conversion sexuelle ou une thérapie hormonale " (point 16.11.2). »

Je trouve cette revendication meilleure que celle de Trans-Europe car elle n'impose pas de suivre un parcours précis pour avoir le droit d'obtenir les documents qui correspondent au genre dans lequel on se reconnait.

 

On pourrait me faire remarquer que ces questions de changement d'état civil concernent surtout les transgenres MtF et FtM et que ceux qui ne se reconnaissent pas dans le modèle binaire du genre n'ont, encore une fois, pas voix au chapitre. 
Sachez qu'à titre personnel je suis pour la suppression de toute mention du sexe/genre sur les documents administratifs, une chose qui serait bénéfique pour la totalité des trans, pour les intersexuées (plus besoin de mutiler un enfant pour le faire entrer dans la case M ou F) et aussi pour le combat féministe. Pourquoi pour le combat féministe ? 
Car, de la même façon que Mademoiselle créait une discrimination entre les femmes en fonction de leur statut marital, l'utilisation de Madame ou Monsieur crée une discrimination envers les individus en fonction de ce qu'il y a dans la culotte. Alors vous pouvez vous insurger et dire qu'il y a un traitement égal, du coup pas besoin de supprimer ces deux petites cases, mais s'il y a traitement égal pourquoi les conserver ? 
Si le fait d'être Monsieur ou Madame ne change rien je ne vois pas pourquoi on demande cette information qui du coup semble inutile. Et je ne veux pas dire que j'interdirais à toute personne de dire Monsieur ou Madame, juste que si ça ne change vraiment rien à la façon dont on est traité par les administrations il n'y a aucune raison de garder cette information. Et si vous avez besoin d'un M ou d'un F sur une carte d'identité pour vous prouver que vous êtes homme ou femme alors c'est peut-être vous qui souffrez d'un trouble de l'identité. 
Après on me dit parfois que cette idée est trop révolutionnaire et que la société n'est pas prête, peut-être mais ce n'est pas pour ça que j'arrêterais de la défendre.

 

La transphobie de trans est quelque chose de néfaste, de même que la transphobie des protocoles mais peut-on espérer un vrai changement et des avancées pour les personnes trans quand on est confronté-e-s à la transphobie des hommes et femmes politiques. Une transphobie parfois visible quand on parle de genre et des gender studies, de féminisme ou de l'homosexualité.


Des politicien-ne-s transphobes :

Bon alors vous êtes sûrement au courant qu'il a été un temps question d’intégrer la notion de genre dans les manuels scolaires pour expliquer que le sexe physique et le sexe social (c'est à dire le genre) sont deux choses distinctes. Nous avons alors pu voir des élu-e-s de droite monter au créneau contre cette "hérésie" et nous donner au passages de belles preuves d'homophobie, de transphobie, d'intersexophobie et de misogynie.

 

 

Et nous allons commencer par ces images de propagande de Christine Boutin. Une femme dont le côté calme et modérée sur les question LGBT est connu de tous et de toutes (elle n'est pas du genre à brandir la Bible à l'assemblée nationale lors de débats sur le PACS). 
Alors déjà je vais rapidement parler de l'utilisation d'enfants comme objets de propagande. Certain-e-s opposant-e-s au mariage et à l'adoption pour tous et toutes ânonnent que les homosexuel-le-s ne penseraient pas aux droits de l'enfant et les verraient comme des objets. Cependant ces mêmes opposant-e-s semblent n'avoir aucun scrupule quand il s'agit d'utiliser des enfants comme objet de propagande. 
Bref revenons sur le côté transphobe de cette campagne.

Alors d'abord la première affiche : 
Texte et bandeau rose (je pense qu'il est important de le noter car ce n'est pas une chose anodine), un enfant qui rampe et qui semble trop jeune pour se rendre compte qu'on attend(ra) de lui un certain comportement (un rôle social ou genre - oui, je dis des gros mots) sous prétexte qu'il est né mâle. Et cette sentence fatale : " Tu seras une femme mon fils. ". 
D'ailleurs l'enfant n'a pas l'air vraiment traumatisé à cette idée. J'imagine presque une petite bulle illustrant les pensées de l'enfant répondant à Christine Boutin « Et alors ? Est-ce que ça te pose un problème si je me sens mieux en tant que femme ? ». 
Mais nous n'y trompons pas cette affiche de propagande essaie de faire passer le fait de se sentir femme en étant né mâle comme une chose malsaine. Trans ayez honte ! C'est l'un des messages de cette affiche et si pour vous ce n'est pas un message transphobe alors je ne sais pas ce qu'il vous faut.

Maintenant la seconde affiche : 
Texte et bandeau bleu (maintenant on peut être sûr-e-s que ce n'est pas une chose anodine), un-e petite fille qui semble heureuse. Elle semble plutôt jeune, elle est peut être assez grande pour comprendre qu'elle est une fille (et ce que cela implique), peut-être pas. 
Et là on passe au texte, une déformation des propos de Simone de Beauvoir pour donner un chef d'oeuvre de l'absurde qu'Alfred Jarry n'aurait peut-être pas renié : " On ne naît pas femme on le devient. Ou alors on naît homme et on devient femme. Ou bien on naît femme et on devient homme. Ou même on naît homme, on devient femme puis on redevient homme. " 
Alors avant de décortiquer ce chef d'oeuvre de l'absurde je tiens à signaler que cette petite fille (rien n'indique qu'elle soit cisgenre soit dit en passant) semble heureuse et que les propos absurdes de l'affiche ne semblent pas l'atteindre le moins du monde. Encore une fois on pourrait ajouter une petite bulle avec des pensées du style : « Mais, Mère Ubu/Boutin, je ne vois pas en quoi cela vous pose un problème. Merdre alors dites-moi où est le problème quand des individus peuvent s'épanouir en étant eux-mêmes ? ». 
Et maintenant le plus beau, le texte. Il commence par la citation de Simone De Beauvoir " On ne naît pas femme on le devient. " une citation qui tend à expliquer que le fait d'être une femme n'est pas une chose innée (on peut dire la même chose sur le fait d'être un homme), bref indépendamment du sexe physique il y aurait un autre sexe (social dirons-nous) qui se construirait : le genre. Et c'est alors que vient l'absurde : "Ou alors on naît homme et on devient femme. Ou bien on naît femme et on devient homme. Ou même on naît homme, on devient femme puis on redevient homme. " 
Là il y a contradiction (et encore une fois confusion entre le sexe et le genre) on ne naîtrait ni homme ni femme, ce seraient des constructions, mais en fait si, on naîtrait homme ou femme. 
Alors le but recherché était peut-être de ridiculiser une féministe (j'en dis des gros mots), Simone de Beauvoir en l’occurrence en travestissant ses propos. Mais au final qui a l'air absurde Simone de Beauvoir qui n'a jamais tenu ces propos où Christine Boutin qui déforme tout pour donner une phrase remplie de contradiction ? 
Et encore une fois il est sous-entendu que les trans sont des créatures malsaines. Naître mâle et devenir femme, naître femelle et devenir homme ou naître mâle et être de genre fluide (alternant entre une identité plutôt masculine et une identité plutôt féminine) semblent être des choses néfaste.

Ici Christine Boutin utilise implicitement les trans pour attiser la peur, nous sommes les monstres qui naîtraient des mouvements queer, des gender studies et du féminisme. Sa transphobie est "l'argument" qu'elle oppose aux féministes. Une utilisation de la transphobie et de l'homophobie à des fin anti-féministes.

 

Ce genre de propos n'est pas limité au PCD (Parti chrétien-démocrate), certain-e-s élu-e-s de l’UMP partagent les mêmes idées quand on parle genre, féminisme et questions LGBT. Ils campent sur des positions de principe, considérant la études sur le genre comme un « révisionnisme anthropologique », parfois même allant jusqu’à faire preuve de transphobie et d’homophobie, sans oublier les intersexes qui sont carrément ignorés, sous la forme la plus immonde possible. 
Prenons les propos de Bernard Debré, en tant que médecin il va nous expliquer que nous, pauvres féministes intéressé-e-s par les études de genre, sommes des idéologues fous et folles. Et en tant qu'urologue il va nous dire que l'identité c'est ce qu'il y a dans la culotte.

Faut-il faire de la génétique simple ? Il semble, après avoir lu certains livres de classe [ceux qui parlent du genre] que cela soit nécessaire, voici donc un petit cours connu de tous (?). 
[...] 
L’homme dispose d'un chromosome Y et d'un chromosome X. De son côté, la femme a deux chromosomes X. Chromosomes X, chromosomes Y, c’est le génotype. 
Quant au phénotype (la traduction anatomique de la génétique) point n’est besoin de détailler les différences morphologiques de l’une et de l’autre, l’homme est anatomiquement différent de la femme, faut-il « faire un dessin ?
 
Ajoutons que derrière le phénotype il y a le rôle hormonal qui est primordial, oestrogènes pour la femme, testostérone pour l’homme, chacun ses hormones ou sa proportion d'hormones, hormones qui ont une influence importante sur le développement de certains organes, de certaines attitudes psychologiques. Je pourrais ainsi décrire d’autres différences entre « elle » et « lui », consécutives au rôle des hormones. 
Voici pour la science exacte, la génétique. Parlons maintenant de cette « théorie du gender ». 
Franchement je me demande où j'irais, moi petite féministe folle sans les idioties du docteur Debré. Oui, Bernard Debré dit n'importe quoi, il veut donner un cours de génétique simple et au final il nous fait un cours de génétique simpliste en mettant au placard les personnes intersexes. C'est vrai que c'est plus simple quand on écarte ceux et celles qui "posent problème" (discrimination, invisibilité des intersexes, bref intersexophobie). La simple existence des personnes intersexuées montre qu'il existe différentes expressions génétiques et/ou phénotypiques du sexe et que résumer tout ça à une expression binaire est simpliste. Autre absurdité le fait que les différences d'attitudes et de psychologies seraient liées aux différences biologique, une bêtise qui me fait hésiter entre le rire et la colère. Cette idée d'un cerveau homme ou d'un cerveau femme (neurosexisme) révèle d'avantage de l'idéologie que des sciences exactes (un article qui en parle).

« Que viennent faire maintenant ces bavardages sur le genre, sur l’idée que l’homme et la femme ne seraient différents que par l’apport sociétal ? Ces philosophes de l’absurde, ces destructeurs du réel seraient risibles s'ils n'étaient pas si dangereux. » 
Déjà on notera le fait que l'on bavarde sur le genre, bah oui, c'est un sujet féministe, donc féminin, donc pas très sérieux. Mais reprenons la phrase de notre Père Ubu/Debré, une réflexion absurde montrant sa méconnaissance des études sur le genre. Dire qu'il existe un genre (c'est à dire un sexe social) féminin et un genre masculin ce n'est pas nier les différences physiques (même si nous les remettons parfois en questions, fol-le-s idéologues que nous sommes, par exemple en pensant aux personnes intersexes). Et alors même qu'il accuse les études sur le genre de nier les différence physiques il en vient à nier les différences sociétales, l’idée que l’homme et la femme ne seraient différents que par les gênes ? Ce philosophe de l’absurde, ce négationniste du réel serait risible s'il n'était pas si dangereux.

« Au lieu d’affirmer la différence entre « elle » et « lui » (et les enrichissements réciproques qu'apportent ces différences), de la comprendre, tout en défendant une légitime égalité de traitement, tout en défendant que la femme reconnue comme telle doit socialement, obtenir les mêmes responsabilités, les mêmes salaires, la même considération selon ses choix, voici que ces destructeurs du réel affirment qu’on devient femme ou homme selon son éducation. Quelle grave stupidité ! Voici un pseudo féminisme complètement délirant. » 
Quelle(s) différence(s) ? 
Au début et à la fin de sa phrase Bernard - Père Ubu - Debré nous parle d'une différence qu'il faudrait affirmer et comprendre et vu le début de son texte on peut penser que cette différence essentielle entre l'homme et la femme se situerais dans la culotte. Alors bon je pourrais rappeler encore une fois que je n'ai pas l'habitude de tomber la culotte en société mais comme Bernard Debré est urologue il souffre peut-être d'une déformation professionnelle qui l'incite à juger ses interlocuteur-trice-s sur leur appareil génital (mais entre parenthèse il sous-entends que ces différences seraient plurielles, peut-être a-t-il pensé aux différences sociales... sauf que ce serait se rapprocher de la folle idéologie du genre). Alors je passe sur le couplet féministe mais j'ai du mal à croire qu'il soit sincère, surtout quand il sert de prélude pour attaquer des féministes, et faire preuve d'une transphobie peut-être insidieuse mais néanmoins présente. 
D'après lui affirmer que l'on ne naît pas homme ou femme mais qu'on le devient serait une grave stupidité détruisant le réel. Mais si on va par là, si on considère que l'on naît homme et femme, qu'il n'y a que ces deux modèles et que seul le génétique qui compte, que l'environnement, la société et ses normes, l'éducation n'ont aucune influence alors que sommes nous, nous qui sommes trans (et quelle identité pour les intersexes) ? 
Avec les propos de Bernard Debré on se retrouve de plein pied dans une visée pathologique de la question trans, comme si les seuls réponses étaient physiques. 
Si on considère que le genre (sexe social) n'existe pas et que tout est physique alors on considère les trans au mieux comme des cas à part, quelque monstre anormal, au pire comme des fous et des folles qu'il faudrait à tout pris soigner, soit en les normalisant (ce que font les protocoles actuels), soit en les défonçant aux médocs et peut être en leur offrant quelques séries d'électrochocs. Sinon on peut considérer qu’il existe bien un sexe social indépendant du sexe physique et on pourrait enfin faire changer les lois pour que les trans puissent vivre aussi bien que tout-e autre citoyen-ne, sans connaître le parcours du combattant et les souffrances que leurs aîné-s ont connus.

« Vouloir aller contre le fait génétique et le fait phénotypique est extrêmement dangereux ! Être femme totalement, être homme totalement, c’est ainsi que s’est construit le monde, c’est comme cela qu’il perdurera ! »
Homophobie. Transphobie. Intersexophobie. Sexisme. SUPER COMBO. 
Nous, homos, trans et intersexes, de par nos existences, nous remettons en cause ce que signifie être un homme ou être une femme. Bernard Debré nous confisque notre identité, nous ne sommes pas hommes et femmes, pas "totalement", nous ne construisons pas le monde et nous ne pouvons pas, dixit Bernard Debré, le faire perdurer. Mais monsieur Bernard Debré expliquez nous ce que vous voudriez faire de ces dangereux individus qui, a vos yeux, ne sont pas "totalement" femmes ou hommes ? 
Et si, au passage, vous pouviez expliquer ce qu'être "totalement" homme ou femme signifie, rire ne me déplairait pas, surtout dans l'état actuel des choses.

« On envisage maintenant de modifier les programmes scolaires pour apprendre ces théories ubuesques aux nos « charmantes têtes blondes » ! Ce ne sont pas des philosophes en mal de reconnaissance qui changeront le monde. L’éducation ne doit pas commencer par des mensonges. Va-t-on créer une génération de jeunes à qui l’on apprendra à nier la différence entre femme et homme ? Va-t-on obliger les petites filles à se sentir homme ou le contraire ? »
Mensonges et théorie ubuesque ? 
Dire que le sexe ne détermine pas tout serait donc une théorie absurde ? 
Par contre quand Bernard Debré sous-entend que l'identité c'est le sexe et que rien ne vient de l'éducation, du vécu ou de la société, quand il donne une définition simpliste (mais qui l'arrange) du sexe génétique et phénotypique écartant les intersexes, quand il nie certaines études scientifiques affirmant qu'il n'existe pas de cerveau masculin ou de cerveau féminin, quand il tient des propos implicitement (et insidieusement) transphobes et homophones, quand il prouve à plusieurs reprise sa méconnaissance de ce que sont les études de genre en proclamant qu'elles nient la différence entre hommes et femmes (il semble que Bernard Debré ne voit qu'une différence, surement physique puisque d'après son texte tout est génétique/phénotypique et probablement située dans la culotte), alors là on aurait LA Vérité de LA Science car c'est Bernard Debré qui le dit. 
Et non monsieur Benard Debré, nous ne voulons pas obliger les petites filles à se sentir hommes mais l'enseignement du genre comme une chose indépendant du sexe pourrait permettre aux enfants trans de s'épanouir sans honte. Ces "ignobles gender studies" pourraient faire diminuer les actes transphobes, homophobes, intersexophobes ou sexistes. Ces "théories du gender déstructrices" pourraient permettre aux enfants intersexes de s'épanouir et de se trouver leur propres identités. Pis cette "folie féministe" pourrait empêcher les mutilations d'enfants intersexes car des parents auront appris à l'école que l'identité ne se résume pas à ce qu'il y a de la culotte. 

« Ces philosophes sont « débiles », pourquoi écoute-t-on de telles inepties ? 
Ce qui me révolte c’est qu’on ait pu faire passer le message idiot et ravageur dans nos livres de classe. 
Je demande solennellement qu’ils soient modifiés, que la vérité soit affirmée, que l’égalité résultant de cette vérité soit proclamée ! Ne rendons pas psychopathe une génération parce que des philosophes stupides ou des idéologues dérangés veulent faire parler d’eux.» 
Et là c'est le summum, la liste d'insultes ("débiles", "inepties", "idiot et ravageur", rendant "psychopathe une génération", "stupides" et "dérangés". C'est le point où je suis colère. Le point où je suis rage. Le point où j'ai simplement envie de hurler. Le point où il devient difficile pour moi de continuer cet article. Le point où j'ai envie d'aller me taillader le bras gauche au fond du lit en me disant que tant qu'il y aura des gens comme ça, on ne s'en sortira pas. Le point où je décide de m'accrocher et de me calmer. Le point où je décide de mener cet article au bout même si c'est difficile. Le point où je me dit que cet homme est débile alors pourquoi lire de telles inepties ? 
Bernard Debré, grand généticien (pour rappelle il est urologue) nous a donné un cours simpliste de génétique binaire occultant les personnes intersexes. 
Bernard Debré, grand neurologue et endocrinologue (pour rappelle il est toujours urologue) nous a dit que les hormones étaient à l'origine d'une psychologie différente chez l'homme et chez la femme (de là à nous dire qu'il existe un gène du repassage il n'y a qu'un pas). Une idéologie n'ayant aucun fondement scientifique concret, nombres d'études montrant en effet que les hormones n'ont que peu d'influence sur la formation du cerveau, organe connu pour sa plasticité, c'est à dire sa capacité d'apprentissage et d'adaptation. Car ne vous en déplaise monsieur Debré, s'il existe bien des différence génétiques et phénotypiques, il y a aussi une éducation différencié des individus pour peu qu'on les étiquette garçons (mâle) ou filles (femelles), mais peut-être que cela vous dérange de l'admettre car cela serait reconnaître que bon nombre de différences que l'on dit naturelles sont en fait le fait d'une reproduction de modèles binaires et qu'il y a une éducation sexiste des individus. 
Alors bien sûr si l’on ne s’appuie pas sur les caractères physiques (phénotype, génotype et tout le reste) il est impossible (en tout cas très difficile) de donner une définition de l’homme ou de la femme sociale. 
Mais est-ce dire que le sexe social (le genre) n’existe pas ? 
Et si les seuls différences sont physiques comment expliquer qu’il n’y a pas plus de femmes en politique (autant que d’hommes) ? 
Si les seuls différences sont physiques comment expliquer qu’à tache égale les femmes sont moins payées que les hommes ? 
Et SURTOUT si les seuls différences sont physiques comment expliquer que lors des fêtes de noël, dans le premier supermarché venu, on pourra voir un rayon garçon avec figurines de super-héros, panoplie de pompier, policier, armes en plastiques et autres jouets « pour garçons » alors qu’on aura un rayon fille tout rose avec poupées, dînettes, panoplie de princesses et autres jouets « pour filles » ? 
Est-ce que les hormones attireraient d’avantage les garçons vers les rôles héroïques et les filles vers les rôles de parfaites femmes au foyer ou est-ce là la preuve d’une éducation genrée et sexiste de la société ? 
Avec ces propos Bernard Debré se ferme à tout dialogue, toute personne qui irait le contredire ne serait, de toute façon, qu'un-e fol-le idéologue féministe cherchant à pervertir les enfants en faisant des pas totalement hommes et pas totalement femmes. Bernard Debré décrit celles et ceux qui se questionnent sur le genre, comme des fous et des folles, il en viendrait presque à demander que nous soyons enfermé-e-s en hôpitaux psychiatriques. Est-ce là les propos qu'on attend d'un homme politique ? 
Pas même un appel au débat mais l’étalage de propos remplis de haine et de violence ?

 

Franchement voir les réactions de certain-e-s élu-e-s me donne vraiment envie de laisser tomber. 
Comment obtenir un changement d'état civil simplifié si certain-e-s continuent plus ou moins de proclamer que le genre n'existe pas et que tout est à ramener au sexe ? 
Comment lutter efficacement contre la transphobie quand on lit/voit/entend les propos de certain-e-s dirigeant faisant de cette peur (incompréhension) des trans une arme de propagande ? 
On pourrait se dire qu'il n'est rien de pire que tout ce que l'on a pu voir jusqu'ici. Qu'aucun mot ne pourrait faire autant de mal. C'est vrai. Mais il existe une autre forme de transphobie, la transphobie quotidienne, celle qui se répète jour après jour. Des actes et des mots qui ne sont pas violents par nature mais qui le devienne de par leur répétition.


La transphobie quotidienne

La transphobie quotidienne est faite de répétitions, je vais prendre cinq petits trucs, les cinq premiers qui me viendront à l'esprit. Essayez de comprendre pourquoi je me sens mal dans ces moments là et pourquoi la répétition de ce genre de remarques me donne envie de pleurer et de tout laisser tomber.

1 - Quand on m'appelle par ce prénom qui n'est pas le mien ou quand on me demande quel est mon vrai prénom.

2 - Quand on m'insulte de "travelo".

3 - Quand on me demande d'expliquer pourquoi tel document administratif dit que je suis mâle alors que j'ai une apparence féminine.

4 - Quand on me dit "Madame" à l'entrée d'un magasin et "Monsieur" à la sortie.

5 - Quand on m'explique comment je devrais faire ma transition ou que ce n'est pas si dur (surtout si ça vient d'un-e cisgenre).

Et petit point bonus :
Vu qu'à priori certain-e-s considèrent que pénis = homme et vagin = femme je vais faire un dernier rappel. 
Je ne sais pas pour vous ami-e cisgenre et transgenres (opérées, non-opérées [voulant se faire opérer ou ne le voulant pas]) mais MON APPAREIL GENITAL N'EST PAS MON IDENTITE. 
On parle de la transidentité comme d'un trouble de l'identité, considérer que l'identité c'est ce qu'il y a dans la culotte c'est pas ça le véritable trouble de l'identité ?

Koalamicalement votre

Amazing Koala @(^o^)@


PS : Critique d'une insulte transphobe. 

" Pour moi femme lesbienne qui est déjà sortie avec des transsexuelles non opérées le fait de ne pas avoir de partenaire trans non opéré tue l'intimité sexuelle, pour moi une trans non opérée est un mensonge humain sur pattes! car je veux coucher avec un e femme, pas une femme à bite! et aussi la frustration pour un homme ou une femme de ne pouvoir avoir une relation intime épanouie avec une femme transsexuelle y a tu pensée sale égoïste " 
Une petite insulte à laquelle j'ai eu droit alors que je critiquais Trans-Europe. 
Alors certes, j'y suis peut-être allé un peu fort en qualifiant Trans-Europe de transphobe mais je ne lance pas cette accusation en l'air, j'explique en quoi ce texte discrimine et exclu celles et ceux qui ne suivent pas un certain parcours (par exemple les femmes trans non opérées). 
Mais ayant déjà fait la critique de Trans-Europe je vais faire la critique de cette attaque. 
D'abord je pense qu'il est inutile d'expliquer pourquoi dire d'une trans non opérée qu'elle est un mensonge sur patte est une insulte transphobe. S'il le faut je vous expliquerais en privé car ça risque d'être long. Aux yeux de cette personne le mensonge serait que j'ai une identité féminine, un physique féminin mais un pénis dans ma culotte. 
Pourtant (attention ça va être un peu une redite) JE NE MONTRE PAS MON APPAREIL GÉNITAL EN SOCIÉTÉ, je pense qu'il était important de le dire en majuscule histoire que cela rentre dans certains esprits. Alors où se situe le mensonge ? 
Dans le fait que certain.e.s pourrait avoir envie d'une relation amoureuse et sexuelle avec moi en croyant que j'ai un vagin ? 
Mais je ne suis pas conne au point de ne rien dire si je perçois qu'une personne a de l'attirance amoureuse et sexuelle pour moi. Je ne vais pas me taire et, une fois dans la chambre à coucher : 
"Ah oui, en fait j'ai oublié de te dire..." 
Alors si on peut m'expliquer où est le mensonge (en gardant à l'esprit QU'EN SOCIÉTÉ JE NE MONTRE TOUJOURS PAS MON SEXE POUR PROUVER MON IDENTITÉ) je suis preneuse. 
Et vous noterez le sur pattes, pas sur jambes comme un être humain mais sur pattes comme un animal. Alors ce n'est qu'un mot mais je pense que les mots ont leur importance et ne sont jamais anodins. 
Maintenant le second point, le fait que je ne serais qu'une sale égoïste en ne voulant pas me faire opérer car personne ne pourrait avoir une relation intime avec une trans (non opérée je suppose). D'abord qui sait si je ne serais pas capable d'avoir une relation intime dans laquelle mon ou ma partenaire s'épanouirait ? 
Mais surtout j'accepte cette insulte d'égoïste, oui mon bonheur et mon épanouissement personnel passe avant celui d'un.e éventuel.le partenaire de vie. Et si un.e autre, partenaire ou non, voulait m'imposer la vaginoplastie sous prétexte que cela l'arrangerait, alors est-ce qu'on ne pourrait pas dire qu'on a affaire à de l'égoïsme ?

PPS : Une étude à lire ! J'avoue avoir poussé quelques rires démoniaques à certains moments.