Le blog de Koala

12 juin 2016

Trans : identités politiques contre politiques identitaires

D'abord qu'est-ce qu'une identité politique?
Voilà une question difficile. Pour le texte à venir je vais parler d'une identité politique fictive : L'Autre.

Je dirais qu'un des points de départ pour construire une identité politique c'est quand L'Autre est nommé-e soit en position d'infériorité par rapport à une classe dominante soit en opposition à une présupposée normalité.
Une fois L'Autre nommé-e la société va mettre en place des structures pour réduire sont agentivité (agency en anglais), c'est l'oppression systémique.
L'Autre se retrouve bien emmerdé-e quand tel-le Annie Cordy iel voudrait bien (ien ien ien) mais ne peut point (oin oin oin) vivre égal-e aux autres citoyens (yen yen - ah non merde ça c'est Les Romanesques). Du coup L'Autre se retrouve un peu bloqué-e.
Iel peut toujours afficher être Autre (entraînant une mise en danger - parfois iel n'a pas le choix de s'afficher ou non comme Autre).
Iel peut se rendre compte qu'être Autre à des conséquences sur sa vie, sur son accès aux soins, à la scolarité, au logement, à l'emploi, à l'espace public (etc) et se dire qu'iels aimerait bien que cela change mais comment faire ?
Individuellement pas grand chose.
Iel peut toujours porter une étiquette "Autre politique", mettre qu'iel est Autre sur sa bio twitter ou écrire un blog en tant qu'Autre cela ne changera en rien les vies des Autres en général. Ce qui sera dit sur un blog, sur twitter ou ailleurs pourra être pertinant ou non cela n'apportera pas grand chose (et heureusement n'enlevera pas grand chose) aux vies des Autres et cela ne fera pas vraiment changer la société.
Même si ça touche quelques personnes, qui vont s'y retrouver, partager ses textes et y répondre on voit que ça bouscule pas grand chose. N'en déplaise à nos égos, individuelement, quand on est Autre, nous n'avons aucun pouvoir politique.

Du coup s'iel veut changer les choses notre Autre se retrouve avec peu de possibilités. L'une d'elle consiste à se regrouper avec d'autres Autres, mettre en commun leurs vécus, mettre en lumière les structures d'oppressions, réflechir aux possibilités d'actions. C'est alors là, selon moi, qu'on obtient une identité politique (ou politisée).

Hors aujourd'hui j'ai l'impression qu'on est à un point de bascule entre un militantisme d'identités politiques à un militantisme de politiques identitaires.
Je me sens dépassée par la myriade d'identités et de nouveaux accronymes brandis, j'ai l'impression qu'il apparaît une nouvelle identité par jour et qu'on ne doit ni questionner la pertinence des ces nouvelles identités ni questionner ce phénomène.
Perso ça m'embête car comme d'autres je ne peux m'empêcher d'y voir là un discours libéral, l'individu au centre du discours politique au dépend du collectif. Et les réactions que je vois sur twitter dès lors que l'on questionne la pertinence de certaines de ces identités ou le flou de certanies définitions me conforte dans cette idée.Vous allez me dire que c'est une réponse à la violence des critiques que l'on adresse. Cependant quand j'avais essayé d'expliquer calmement pourquoi les flous de définitions sur la non-binarité et sur transgenre/transsexuel-le posaient problème au sein de la communauté trans j'avais eu les mêmes réactions. Et je pense vraiment qu'il y a là un problème dans nos pratiques militantes en ligne non sans lien avec le fait d'être d'avantage dans une démarche de politique identitaire que dans la tentative de construction d'une identité politique.

Il est important, pour la construction d'une identité politique d'avoir des définitions claires et simples de ce que nous mettons derrière L'Autre, y compris pour nous même.
Ca ne veut pas dire qu'il faut pour autant reprendre la définition que la société a accolé à L'Autre mais qu'on peut derrière les mêmes mots mettre nos propres définitions.
Dans le cas des non-binaires aujourd'hui nous avons des gens qui expliquent être des hommes non-binaires ou des femmes non-binaires. Je veux bien mais du coup il faut que l'on m'explique la non-binarité car ça échappe à la définition qu'on m'en avait donné comme n'entrant pas dans la binarité homme-femme.
On a aussi des discours qui expliquent la non-binarité en fonction de l'expression de genre féminine/masculine (voire du passing, cf les queers qui se demandent comment me genrer en fonction de mon passing alors que je me présente comme une femme).
Et ce soir j'ai pu voir un mec expliquer à une femme cis qu'elle pouvait réfléchir car elle était peut-être non-binaire alors qu'elle se définissait clairement comme une femme cis.
On pourrait dire que cela ne me concerne pas mais de fait les luttes non-binaires sont liées aux luttes trans. Enfin ça dépend car selon les définitions que j'ai pu voir on peut être non-binaire sans être trans ou encore j'ai pu lire qu'être trans impliquait forcement d'être binaire.
Ce qui pose le second problème : l'absence de définition claire de ce qu'est être trans.
Et ce n'est pas un problème anodin. On est plutôt d'accord que dire qu'on est tou-te-s un peu trans est craignos et je pense que bon nombre de non-binaires seront d'accord pour dire que c'est tout aussi craignos de venir dire qu'on est tou-te-s un peu non-binaire.
Je pense vraiment que pour empêcher ça ce n'est pas les politiques identitaires queers ou Mogai apportant une multiplication d'identités rendant les définitions de plus en plus floues qu'il nous faut mais bien une approche matérialiste et la construction d'identités politiques clairement définies.
Ca peut sembler dur, violent, excluant et tout ce qu'on veut mais c'est impératif. C'est impératif et c'est selon moi le seul moyen pour lutter contre les TERFs (et je parle là de féministes transphobes francophones prêtes à s'inscrire dans la même mouvance que leurs collègues américaines Brennan ou Jeffreys) et à nous traiter comme une menace lavende à éradiquer politiquement voire physiquement. C'est avec une définition claire de trans (et donc de cis) que l'on pourra répondre quand elles écrivent qu'elles refusent d'être appellées cis sous pretexte qu'elles n'entrent pas dans les normes de genre. Ce n'est qu'avec une approche matérialiste et des définitions claires qu'on pourra répondre à Delphy quand elle explique qu'être trans c'est croire que si un jour elle se nomme homme alors elle aura accès aux privilèges masculins.

Enfin au sujet de regrouper toutes les identités et orientations sexuelles sous une même banière j'ai vraiment du mal. Est-ce qu'on a pas assez de critiques de l'imposture LGBT qui se retrouve être avant défendre les intérêts des gays et n'avoir que peu d'intérêt pour les droits des femmes non-hétéros (PMA pour tou-te-s) et des trans?
Il me semble qu'assez récemment encore on a vu les assos LGBT les plus influentes applaudir un amendement sur le changement d'état civil qui ne peut que déterirorer les vies des trans et même après nos nombreuses critiques on voit des LGB cis nous dire qu'on devrait s'en satisfaire.
On est quand même un certain nombre de trans (même des avec qui je suis parfois en désaccord) à considérer qu'il faudrait peut-être s'exclure des assos et orgas LGBT et commencer à travailler, militer et penser en non-mixité.
Du coup je ne comprends pas pourquoi malgré ces preuves d'un échec de l'union LGBT on cherche encore à la reproduire sous une autre forme. Surtout qu'on a déjà pu constater que les dites alternatives TPG ou Queers n'apportaient au final rien de plus.

Voilà le texte risque d'être super brouillon est incomplet mais depuis le temps que je bosse dessus j'ai peur de ne pas réussir à l'envoyer (ou le finir) si je ne fais pas cela maintenant.
Je serais disponible sur Twitter et sur la page du blog demain (le 30 juin) pour en discuter / apporter des précisions si vous voulez.
Après je pense prendre mes distances avec le militantisme trans car je finis par en être dégoûtée. Je ne garantis pas que ce soit définitif (rebouchez le champagne) mais il va me falloir un bon temps de repos loin de tout ça.

Cassandra toujours autant Koala.

Posté par K6_49000 à 13:54 - - Permalien [#]


08 mars 2016

Journée internationale des droits des femmes

Je suis épuisée par ce 8 mars. Par cette journée internationale des droits des femmes.
J'ai pourtant fait deux siestes d'au moins une heure dans la journée et j'ai essayé (en vain) de me tenir éloignée de tout ce qui pourrait m'énerver mais ça ne suffit pas.

Le 8 mars n'est pas le seul jour de l’année pour être féministe et défendre les droits des femmes mais une journée symbolique de la lutte féministe. De même le jour du souvenir trans et le jour de la visibilité trans ne sont pas les seuls jours pour défendre les droits des trans mais des instants symboles. Idem avec le 17 mai ou les marches des fiertés.

Cette journée est aussi devenue une journée de marketing genré ("mesdames : - 20% sur cette culotte pour ce 8 mars"). Ces opérations commerciales donnent envie de sortir les couteaux mais notons que souvent elles ne concernent pas toutes les femmes mais seulement les femmes cis (ou les trans avec un bon passing), les femmes trans (surtout si elles n’ont pas un bon passing) seront renvoyées à un statut de sous-femmes, de contrefaçons et n’y auront pas droit. 
C’est aussi une journée des réflexions misogynes ("vivement le 9 que bobonne recommence à faire la vaisselle") de mecs qui sont sexistes à longueur d’année mais se pensent encore plus drôles et subversifs de l’être un 8 mars. Des réflexions misogynes et parfois aussi de réflexions transmisogynes.
Et c’est aussi une journée où (maladroitement ?) des féministes et alliés font comprendre que les femmes concernée par cette journée sont les cis.

Et c'est aussi une journée où pour condamner des féministes et alliés ont relayé toutes les horreurs misogynes (et transphobes) qu'on le prend déjà bien assez dans la gueule chaque à longueur d'année.

Bref c'est une journée épuisante, une journée de cauchemar.
Et comme ces temps-ci je ne vais pas trop bien je n'ai pas pu rester déconnecté de tout comme je l'aurais voulu (j'avais besoin de contacts sociaux).

Voilà mon bilan du 8 mars, une journée éprouvante, épuisante, qui donne autant envie de sortir les couteaux que de se rouler en boule sous les couvertures.
Et mon projet pour le 8 mars prochain : hiberner.

Koala

Posté par K6_49000 à 21:44 - Permalien [#]

29 janvier 2016

Trans, isolement et relations nocives

A lire en préambule :
Tu sais, bébé, mon coeur n'est pas sur liste d'attente sur le blog Un bruit de grelots
J'emmerde votre liberté 1, 2 et 2 bis sur le blog Chronik de nègre(s) inverti(s)

Ca fait quelques temps déjà que je pense à écrire ce texte. En fait chaque fois que je parle du sentiment d'isolement social que l'on peut vivre en tant que trans et des comportements à risque que cela entraîne il y a des trans pour me dire qu'ielles ressentent la même chose voire que je devrais écrire un texte sur ce sujet.
Les textes cités en préambules abordent déjà un peu la question, il y en a sûrement d'autres en français (et encore plus en anglais) mais une redite ne me semble pas totalement inutile.
Sur twitter j'avais demandé combien de trans se sentaient isolé-e-s ou pas à leur place en société et à quelle fréquence. La majorité (pour ne pas dire la quasi totalité) des réponses allaient dans le même sens, les trans se sentent rarement à leur place, assez souvent isolé-e-s. Il y avait un facteur passing et d'entourage choisi qui faisait que certain-e-s avait des espaces et temps où iels se sentaient mieux, un peu plus à leur place, mais globalement on en revenait à la solitude.
J'avais commencé un texte sur la base de ces réponses. Le problème c'est que j'ai perdu les notes que j'avais prises sur les réponses à ma question ainsi que l'ébauche de texte.
Je vais donc reprendre de zéro, en m'appuyant sur mon vécu, ce que j'entends et ce que j'ai lu d'autres trans. On pourra facilement réduire la dimension politique de ce texte en disant que ce n'est que du vécu, que je suis trop subjective mais de toute façon les mêmes auraient pu dire que l'échantillon qui m'avait répondu sur Twitter était trop petit et n'avait rien de représentatif.
En fait même si j'avais eu des témoignages de trans je pense qu'il y aurait eu des gens (y compris des militant-e-s allié-e-s) avec les meilleures excuses du monde pour remettre en question les constats que j'en fais.
Il y a bien un rapport sur la transphobie sur lequel je pourrais m'appuyer mais je le trouve peu lisible et critiquable.

Premier constat : les trans sont écarté-e-s de la société.
C'est un fait social, être trans c'est être mis-e à l'écart de la société.
Une mise à l'écart qui se fait via les insultes, les violences physique, le mépris, les moqueries... Les trans ont plus de difficultés à trouver et garder un emploi en étant out (donc à avoir du lien social avec des collègues de travail), on peut se retrouver à perdre contact avec ses ami-e-s, avec sa famille proche. (page 54 du rapport sur la transphobie)

Second constat : la transphobie ne connait pas de frontières.
(page 52 du rapport sur la transphobie) Je l'ai trouvée en pleine rue, dans les administrations, en famille, avec mes ami-e-s, pendant mes loisirs, chez les médecins, dans le milieu LGBT mainstream, chez les plus déconstruit-e-s des queers/TPG... et d'après les tweets d'autres trans je crois que je ne suis pas la seule à avoir dû affronter des comportements et discours transphobes un peu partout.
Ce sont des actes et des propos quasi quotidiens qui grignottent notre estime personnelle, à force on fini par se sentir moins que rien. Comme il n'y a pas vraiment de safe place, on peut avoir tendance à être sur la défensive et à s'isoler. Bien sûr il y aura des petites différences en fonction du milieu fréquenté, qu'on y soit out ou non et du passing mais de manière générale c'est l'isolement qui semble l'emporter.
Personnelement même quand ça se passe bien dans un certain cadre je reste sur la défensive sachant que ça peut tomber quand je m'y attends le moins.

On va donc avoir un double isolement. Le premier est indépendant de nous, le second est plus volontaire. C'est un moyen de défence, pour éviter d'être violement écarté-e-s on se met de nous même à l'écart (c'est un truc qui me bloque dans mes loisirs et goûts).

Troisième constat : on a besoin de contacts sociaux.
Ce n'est pas valable que pour les trans. Je pense que peu peuvent rester à l'écart des autres de longues périodes sans finir par se morfondre.
On est éduqué pour s'intégrer en société, c'est le principe même de la socialisation. Certain-e-s arrivent peut-être à y echapper et partent vivre à poil au fond d'une grotte mais c'est plutôt rare. En général on reste près d'autres humain-e-s, on essaye d'établir des contacts avec certain-e-s et quand on y arrive pas on peut sombrer dans la mélancolie.

Si on accepte ces trois constats on peut comprendre que tiraillé-e-s entre l'isolement et le besoin d'avoir des contacts sociaux les trans pourront finir par accepter des relations nocives.
Je me souviens par exemple des trans dire que quand même il fallait arrêter d'être hostiles envers les translovers car au moins ils sont là. En gros il fallait accepter de vendre nos cul gratos à des fétichistes car sinon on aurait personne.
Des trans vont accepter de se faire insulter pour être acceptées dans les milieux radicules sans questionner qui se réapproprie quoi.
On va faire des efforts pour qu'un couple tienne et parfois on sera seul-e à faire ces efforts.
On va fermer les yeux, laisser passer des violences physiques, des insultes, des propos qu'on ne supporte pas et tout ça pour ne plus se sentir si seul-e.
On va accepter de rire avec celleux qui nous insultent, de défendre les cis qui parlent à notre place pour dire de la merde.
On va parfois prendre la défense de cis transphobes contre d'autres trans. Je l'ai vu quand Mr Poulpe me harcelait et m'envoyait son public de fascos sur Twitter pour avoir osé dénoncer sa transphobie (j'étais pas la seule) et qu'une trans l'a défendu au nom de l'humour et on a sûrement eu le même genre de chose avec Pouhiou, Florent Peyre, Regis Mayot... et je ne doute pas qu'on l'aura encore.

Je pourrais trouver d'autres exemples de la façon dont on (trans) peut accepter certaines choses pour ne plus se sentir isolé-e-s mais on va éviter de faire un catalogue qui de toute façon ne sera pas exhaustif

Et pour conclure?
Je sais pas trop.
Ah si j'ai trouvé!
Ma conclusion s'adresse surtout aux cis qui se disent nos allié-e-s.
Essayer de garder à l'esprit notre isollement. Les trans auront plus à perdre en l'ouvrant pour vous critiquer que vous en disant de la merde sur les trans. Des trans vont peut-être se mettre de votre côté (ou ne rien dire mais rester vos potes) afin de se sentir un peu moins seul-e-s - et ce sera peut-être inconscient. Que souvent les seul-e-s à qui on demandera des efforts sont les trans. Qu'on a pas vraiment de communauté dans laquelle on peut soufler. Bref que vous êtes dans une position dominante dans vos interractions sociales avec d'autres trans et que ce serait peut-être à vous de faire un minimum d'effort (ne serait-ce qu'entendre ce que nous disons).

Koala

Posté par K6_49000 à 16:33 - - Permalien [#]

18 novembre 2015

Raison de sécurité

C'était rassurant
C'était pour ton bien
Tu as accepté
D'être surveillé-e
Te faire enchaîner
Un flic a chaque rue
Les mots des despotes
Le doux bruit des bottes
Et tu as gobé
La méfiance, la haine
La vengeance, la peine
Pour chanter en coeur
"La guerre c'est la paix"
Pour scander en coeur
Vivent les dictateurs
Un oeil pour un oeil
Une dent pour une dent
Ne reste que la mort
Ta chère liberté
T'a été volée
Ta libre expression
Est maintenant fliquée
Tu as tout perdu
Ta sécurité
N'est qu'une illusion
Car tu as ouvert
Ta porte au fascisme

Koala

Posté par K6_49000 à 11:33 - - Permalien [#]

18 mars 2015

Etre trans, une maladie psychiatrique de Schrodinger

Depuis 2010 des journalistes mais aussi des membres d'assos LGBT expliquent que, grâce à Roselyne Bachelot, être trans n'est plus considéré - en France - comme une maladie psychiatrique.
Bon alors pour les journalistes j'ai peu d'espoir, encore récemment un article dans Le Monde parlait de cette France pionière dans la dépsychiatrisation des trans (je m'en souviens car j'avais grogné comme à mon habitude), vérifier les infos ne semble plus faire partie du travail des journalistes. En tout cas pas en ce qui concerne certains sujets.
Par contre quand ça vient de militant-e-s dit-e-s LGBT j'avoue grincer des dents.
Ce qu'à fait Roselyne Bachelot (je l'ai déjà dit sinon ici au moins sur twitter) c'est reclassifier le transsexualisme d'ALD 23 (affections psychiatriques longues durées) à ALD 31 (affections longues durées hors listes). L'ALD est une attestation qui permet le remboursement de frais médicaux quand on a une "affection" nécessitant un traitement à vie. 
Ce que ça a changé dans la prise en charge des trans en France?
Que dalle, rien, nada.
La majorité des endocrinologues nous imposent toujours d'aller voir des psychiatres et pas cellui de notre choix (le libre choix du médecin n'existe pas pour les trans) mais des psychiatres "spécialistes" (c'est à dire des défenderesses et défenseurs de visions patriarcales de ce que sont L'Homme et La Femme et qui ont poussé bon nombe de trans au suicide).
Bizarre pour ce qui "n'est plus considéré comme une maladie psychiatrique" d'après les médias.
Alors on a un petit réseau de psys, généralistes, endocrinologues ou autres médecins plutôt cools qui ne vont pas nous imposer les équipes de la SoFECT mais quand t'es dans une petite ville, que tu ne connais pas de réseau trans, que tu ne connais pas ces médecins un peu plus cools, que tu es un peu paumée, que tu n'es pas friquée (ça joue) : c'est la merde pour ne pas tomber entre les griffes de ces transphobes.

Et ça va devenir pire. Surtout pour les trans qui n'ont pas les moyens de se payer une soirée à 50e pour montrer comme iels ont réussi leur transition et a devenir patron-ne-s (oui petit tacle gratuit mais je me défoule).
J'avais vu des tweets d'une amie parlant du non renouvellement d'ALD mais j'avoue être un peu distante avec twitter et le militantisme ces derniers temps - pour mon propre bien être - donc je n'avais pas cherché d'avantage d'infos. 
Depuis j'ai vu un ami un peu plus renseigné et il m'a dit qu'il  avait entendu plusieurs témoignages de cas semblables dans l'ouest et sur Paris. Il semblerait donc que la Sécu ne renouvelle plus les ALD pour les trans qui ne sont pas passé-e-s 2 ans entre les griffes des transphobes de la SoFECT. De plus la Sécu refuserait de rembourser une part des opérations pour certain-e-s trans qui ont pourtant l'ALD parce qu'iels n'ont pas eu de suivi psychiatrique de 2 ans avec les transphobes de la SoFECT.
Deux ans de suivi psychiatrique pour quelque chose qu'on nous dit ne plus être considéré comme une pathologie psychiatrique depuis cinq ans. C'est ce qu'on appelle du foutage de gueule en bon et due forme.

Alors on va faire un peu de discussion sur la convergence des luttes car là on est en plein dans le sujet.
Convergence des luttes trans (je dirais même féministes et LGB) et des luttes anticapitalistes.
Je m'explique.
En France la SoFECT à la mainmise sur la prise en charge des trans et même si nous ne sommes pas nombreuses c'est intéressant pour ces médecins de garder cette mainmise. Autant le dire clairement : les médecins de la SoFECT se font du fric sur le dos des trans.
Et si la Sécu nous envoie dans leurs griffes ces bourgeois-es se feront encore plus de fric en exploitant les trans prolos (et en coûtant plus de fric à la Sécu soit dit en passant).
Alors le premier Escuderonfray égarré sur mon blog bavera qu'on a qu'à faire sans, que les amérindiens et bien iels avaient pas de traitements hormonaux et pourtant il y avait des trans. Après leur avoir gentiement présenté mes rangers je leur expliquerais gentiement que hey c'est pas le même contexte social scumbag. Dans les cultures ou des "trans" étaient/sont accepté-e-s sans traitements bah ouais c'est pas nécessaire mais breaking news : CE N'EST PAS LE CAS DANS LA SOCIETE DE MERDE DANS LAQUELLE ON VIT !

Bon mon texte part un peu dans tous les sens.
Résumé : Que crève la SoFECT. Libre choix du médecin pour les trans. Remboursement des frais de transition sans condition. Dépsychiatrisation réelle. Et je suis en colère pour changer.

Koala

Posté par K6_49000 à 00:04 - - Permalien [#]


09 mars 2015

Manifeste pour l'interdiction de l'humoriste

Camarades je pense qu'il est important de parler d'un sujet important : l'interdiction de l'humoriste.

Je vous vois déjà venir me demander ce que j'ai contre l'humour.
Rien. J'ai beau chercher je n'ai aucun grief contre l'humour. En fait j'aime bien l'humour, je l'aime bien qu'il soit humour peau d'banane, morbide, calembour ou contrepet.

Et a proprement parler je ne suis pas anti-humoriste, c'est plutôt l'humoriste qui est anti-moi (là je paraphrase Une journée particulière juste pour faire genre j'ai de la culture t'as vu).
En effet en tant que meuf trans je suis une punchline de choix pour l'humoriste.
L'humoriste qui est tellement original qu'on pourrait presque créer un générateur automatique de sketch sur les trans.
Je n'exagère pas, tout sketch sur les trans contient au moins l'un des quatre éléments suivants : "pute", "bois de Boulogne" (ou endroit local équivalent), "Brésil" - pour un petit combo raciste et "en fait c'est un mec / un trav / une bite". Même pas de quoi trouver neuf cases pour faire un bingo tellement l'humoriste manque d'originalité.
Et ce manque d'originalité ne concerne pas que les trans.

Alors admettons qu'à une époque ces blagues aient été drôles, j'en doute mais bon on va faire comme si.
A force de nous ressortir en boucle des variations de gags déjà vus, reposant sur des stéréotypes éculés.
L'humoriste me fait presque penser à un-e gamin-e qui viendrait me raconter l'histoire de monsieur et madame Bombers qui ont un fils qui s'appelle Jean en pensant avoir inventé l'eau chaude. Quand ça vient d'un-e enfant je trouve ça un peu attendrissant, presque drôle, puis bon les histoires de monsieur-madame sont souvent plutôt anodines, gentillettes.
L'humoriste, qui est un-e adulte, va tenir des propos racistes, sexistes, homophobes (...) "pour de rigoler" et va demander qu'on l'applaudisse (et qu'on le paie) pour cet humour. Là je trouve ça juste pitoyable.
A bien y réfléchir qu'est-ce qui permet de distinguer l'humoriste de l'enfant ?
L'enfant est généralement moins poilu-e et un peu plus drôle que l'humoriste mais à part ça ?
Quand on le contrarie l'humoriste va avoir les mêmes réactions qu'un-e enfant, bouder, faire un scandale en constatant que tout le monde n'est pas en admiration devant son caca puis en appeler à ses potes, aux grand-e-s (ici les grand-e-s seront d'autres humoristes célèbres - parfois mort-e-s, comme par exemple Desproges qui n'a jamais eu autant d'ami-e-s depuis qu'il est mort), voire à des divinités (Sainte Liberté D'Expression, sa soeur Sainte Humour Second Degré) les invoquant par réflexe, comme un "c'est c'ui qui dit qui y est" de cour de récrée.
Comme l'enfant en bas âge l'humoriste est incapable de se remettre en question car il est incapable de concevoir de l'empathie. Si ça le fait rire alors c'est drôle. Si ça le vexe alors c'est méchant donc pas drôle.
L'humoriste est incapable de voir que son discours d'humour ne vient pas de nulle part, qu'il s'inscrit dans une société de races, de sexes et de classes et bien souvent ne fait qu'entretenir des stéréotypes racistes, sexistes et capitalistes.

Je propose donc l'interdiction de l'humoriste.
Et pour que l'humoriste ne se retrouve pas sans rien à faire je propose que l'on créé des fermes communautaires (autogérées cela va de soit) pour y envoyer l'humoriste et lui donner enfin une utilité sociale.
Je suis même prête à inaugurer ces kolkhozes s'il le faut.
Après tout j'aime faire parfois des traits d'humour et ils n'ont pas toujours été très fins.

 

Koala

Posté par K6_49000 à 20:27 - - Permalien [#]

13 février 2015

Suicide et insultes

Je voudrais dans ce texte revenir sur la dernière campagne de l'inter-LGBT, présentée comme une campagne choc de prévention contre les suicides LGBT.

B9MJOhUIMAElOdO   B9MJOhWIcAAwKOJ

Bon encore une fois LGBT semble vouloir dire lesbiennes et gays. L'Inter-LGBT a promis (en fonction des gens qui en faisait la remarque) des affiches concernant les trans et les bi-e-s ou seulement les trans. Il doit être plus difficile de trouver une insulte violente visant les bi-e-s. (Edit : 6 mois après on attend toujours, même si dans le temps on a eu le double aveu, d'abord qu'il n'y aura pas d'affiches de prévention des suicides pour les trans et les bi-e-s, ensuite qu'à l'inter-LGBT les droits des trans ne faisaient pas consensus)
Une telle affiche concernant les trans je n'en veux pas. Je n'aime déjà pas ce qui a été fait pour les gays et lesbiennes alors je vois pas pourquoi je serais contente d'avoir la même chose.
Pourquoi je n'aime pas cette campagne?

Premier point qui me gène (soulevé par quelques personnes sur Twitter) c'est savoir qui sera choqué par cette campagne ?
Les hétéros qui emploient ces mots sans penser à mal et se rendrons compte que ça peut blesser?
Peut être quelques un-e-s mais la plupart n'en auront rien à faire. Voilà comment réagi un Youtuber à 237 000 abonné-e-s quand on lui fait remarquer qu'employer enculé comme insulte est homophobe (et sexiste) :

Sans titre

 

C'est insultant donc c'est drôle. Vous croyez que Mathieu Sommet et ses 237 000 abonné-e-s verront le moindre problème à continuer de considérer que se faire sodomiser est humiliant, "pas très sympathique", donc amusant à employer comme insulte?
Vous croyez que ces gens verront le moindre problème a utiliser d'autres insultes sexistes, homophobes, transphobes (...) car c'est drôle à leurs yeux?
En fait je crois que les seuls personnes que cette campagne peut choquer sont celles qui se prennent quotidiennement des insultes en pleine face, les autres n'en auront rien à faire ou au mieux iels feront des efforts une semaine avant d'oublier rapidement.

Mon second problème avec cette campagne c'est qu'elle laisse entendre que s'il y a des suicides de gays, lesbiennes, bi-e-s ou trans c'est uniquement à cause des insultes homophobes, lesbophobes, biphobes et transphobes.
C'est pour le moins réducteur.
Je pense que les insultes ont une résponsabilité dans les suicides de gays, lesbiennes, bi-e-s et trans mais ce n'est pas la seule chose à prendre en compte.
Pour faire de la prévention suicide Je pense qu'il est important de tenir compte de tout ce qui peut y conduire.
L'isolement, la précarité, des violences plus insidieuses que les insultes et venant parfois de l'état et d'autres choses sont à prendre en compte.
Rien qu'un exemple qui montre que cette campagne est selon moi un échec politique : les discours de la manif pour tous n'ont pas eu besoin d'employer des insultes homophobes pour être insultants et destructeurs. Pendant des mois nous avons lutté contre cette manif dite pour tous, expliquant qu'il n'y avait pas besoin d'insulter les homos de gouines ou pédés pour être homophobe et là j'ai l'impression d'un retour en arrière.
En résumant les causes des suicides de gays, lesbiennes, bi-e-s et trans aux insultes on résume l'homophobie, la lesbophobie, la biphobie et la transphobie à ces mêmes insultes.

Troisième chose, cette campagne ne semble pas prendre en compte le fait que certain-e-s gays et lesbiennes se réapproprient ces insultes pour en faire une chose positive.
Le risque de cette campagne est de voir des gouines et des pds (qui se revendiquent comme tel-le-s) présenté-e-s par certain-e-s comme résponsables du fort taux de suicide dans nos communautés alors que justement cette réappropriations de termes à pour but de leur retirer en partie leur pouvoir insultant. 
On peut évidemment critiquer le fait que certain-e-s hétér@s vont considérer que si on emploie ces mots entre-nous, pour nous désigner personnelement, iels sont libres de faire de même et de les utiliser contre nous. Mais ici encore ce sont ces hétér@s qui sont critiquables plus que nos pédés et nos gouines.

Quand on voit que celleux chez qui le taux de tentatives de suicides dans notre "communauté" est le plus élevé sont les bi-e-s et les trans ça peut être assez rageant de voir que les premiers (et seuls?) visuels que l'inter-LGBT a produit concerne les gays et les lesbiennes en même temps vu ce que donne cette campagne est-il souhaitable de voir la même chose décliné au bi-e-s et aux trans?
Je préfèrerais voir une campagne de prévention suicide qui prenne en compte les diverses causes des suicides dans nos communautés et qui montre bien qui en sont les premier-e-s victimes.

Koala

Posté par K6_49000 à 20:30 - - Permalien [#]

03 février 2015

Lexique (subjectif) de Koala : Passing, outing et autodétermination

Passing :
Condition de survie en territoire cis (c'est à dire partout) quand on est trans. Cela consiste à être perçu-e dans le genre dans lequel on se reconnait (formulation peut-être maladroite mais je ne trouve pas mieux). Par exemple on dira d'une femme trans généralement perçue comme femme dans ses interractions sociales qu'elle a un bon passing.
Je n'exagère pas vraiment quand je dis que pour les trans c'est une condition de survie. La plupart des gens qui m'emmerdent le font car à leurs yeux je ne passe pas, ils n'arrivent pas à m'identifier comme femme ou homme (souvent la question avec laquelle iels m'abordent est "Tu es une meuf ou un mec?").
Le passing est une notion subjective et comme pas mal d'autres notions subjectives (la beauté par exemple) c'est un peu de la merde.

Outing :
On donne deux définitions à l'outing.
L'outing comme un acte politique consiste à révéler l'homosexualité d'une personnalité aux discours homophobes pour montrer qu'il y a contradiction. L'outing politique a été peu voire pas pratiqué, en tout cas en France, les associations de défense des droits des gays, lesbiennes et bi-e-s ayant conscience qu'il s'agit d'une arme à double tranchant. Et on peut se poser des questions sur son utilité encore plus aujourd'hui quand des personnalités politiques ouvertement gays ou lesbiennes tiennent des discours homophobes.
Dans un cadre non politique l'outing est l'acte qui consiste à révéler l'homosexualité d'une personne derrière son dos, sans qu'elle ait donné son accord.
Maintenant concernant les trans c'est un peu différent.
Déjà vu le nombre de personnalités politiques trans out (connu-e-s comme trans) ou non je ne suis pas sûre que la première définition soit applicable.
Pour la seconde définition, l'outing serait révéler la transidentité d'une personne derrière son dos sans qu'elle ait donné son accord. Pour les trans cet outing n'est pas fréquent, il est permanent.
Pour comprendre cet outing quasi permanent des trans il faut d'abord voir qu'être out en tant que trans ne fonctionne pas comme être out en tant qu'homo ou que bi-e. Il y a des gays, lesbiennes et bi-e-s qui, en fonction des situations, seront soit out soit au placard, iels vont par exemple être out avec leur famille et/ou ami-e-s mais dans la rue, au travail, à l'école iels rentreront au placard (note je ne leur reproche pas, de même que je ne reproche à aucun-e gay, lesbienne, bi-e ou trans d'être totalement au placard). Pour les trans c'est plus délicat, je n'aurais pas mieux dit que ce que João dit ici : « comment faire pour ne pas être "out", et être "discret.e" face aux proches, quand c’est notre corps et notre rapport au monde que nous voulons changer ? ».
Et ce qui est valable avec les proches est aussi valable dans la société en général. Quand on est trans ce privilège de pouvoir se cacher au besoin souvent on ne l'a pas. Parce qu'on a pas le passing, car des ami-e-s et la famille nous ont connu-e-s "avant", car les papiers d'identité indiquent M/F quand on nous perçois comme femme/homme, parce qu'on est militant-e...
Aussi il est compréhensible que notre transitude étant parfois visible sur notre gueule (en tout cas pour certain-e-s) on va nous outer plus facilement qu'on ne outera des gays, lesbiennes ou bi-e-s sans forcement penser à mal (compréhensible ne veut pas dire acceptable).

Autodétermination : 
L'autodétermination (ou autoidentification) est le fait qu'on estime les personnes aptes à dire ce qu'iels sont.
Pour les trans on l'emploie pour dire que si une personne dit être un homme / une femme / non binaire alors on l'accepte comme un homme / une femme / non binaire quel que soit son sexe.
Si sur le papier c'est cool, le problème c'est que politiquement ça ne tient pas.
Je ne suis pas emmerdée car je m'autodétermine comme meuf mais car je suis perçue et parce que je vis comme une meuf trans. 
Ce que je vais dire ne va pas plaire mais politiquement j'emmerde l'autodétermination, j'emmerde ce qu'on pourrait appeler la politique de la déclaration.
Pour prendre un exemple ce n'est pas parce qu'un misogyne déclare qu'il refuse d'être un homme qu'il cesse comme par magie d'être un homme misogyne (cette pique vise Martin Dufresne et bon nombre d'autres proféministes).
On peut aussi prendre l'exemple de ces gens qui se déclarent ne pas être homophobes tout en relayant les pires discours homophobes.
On ne va pas réagir en disant "puisque c'est ainsi qu'iel s'identifie alors nous devons le respecter". Au contraire politiquement c'est vitale de dire que même s'ils s'identifient comme "pas sexistes" certains pro-féministes sont les pires pourritures misogynes, que la manif pour tous est un mouvement homophobe même s'il s'identifie comme ne l'étant pas.
Aussi je pense qu'il est important pour les trans de remettre en cause l'autodétermination. Je ne veux pas dire par là qu'il faut nous faire psys et enquêter sur chaque trans pour délivrer un certificat de transitude ou qu'il faut faire une chasse aux faux-sses trans (ce qu'on m'a fait dire et qu'on me fera peut-être encore dit) mais que collectivement nous devons critiquer le caractère intouchable de cette autodétermination, cela devient même un impératif politique.
En faisant du ressenti, de l'autodétermination des absolus intouchables du militantisme trans je pense qu'on se ferme aux réflexions materialistes. Or être trans est un fait matériel et je ne vois pas comment on peut parler de privilèges cis ou d'oppression systémique des trans sans prendre compte cela.

Koala

Posté par K6_49000 à 17:59 - - Permalien [#]

27 décembre 2014

Lettres ouvertes aux pétitionnaires

Pré-scriptum : Je vous conseille de lire ce texte de Bordeaux Bordel en introduction ainsi que les textes liés.

A vous qui avez signé cette stupide pétition "Contre la censure et l’intimidation dans les espaces d’expression libertaire",

Il est un proverbe disant que les plaisanteries les plus courtes sont les meilleures. Je ne suis pas fan de proverbes en général mais là il faut dire que c'est plutôt bien trouvé.
Le premier acte de cette comédie ubuesque était raté. Votre reprise d'un argumentaire réactionnaire et conspirationniste, vos attaques contre les féministes et contre les gays, lesbiennes, bi-e-s et trans, votre défense d'une liberté d'expression des oppresseurs, votre opposition à une censure qui viendrait des minorités mais qui dans les faits n'existe pas n'avait rien à envié aux discours de celleux que vous prétendez combattre par ailleurs, tout ça n'a pas réussi à nous faire sourire. Ou alors de dépit.
Le second acte était certe un peu plus drôle. Votre défense de cet universitaire bourgeois qu'est Escudero malgrès nos critiques politiques était un peu plus dans le ton de cette farce, de cet Ubu libertaire que vous nous offrez en représentation.
Et là avec le troisième acte, avec cette pétition vous dépassez toute nos attentes. Vous avez réussi à être absurde, à vous ridiculiser et à ridiculiser les pensées anarchistes et libertaires.
Alors n'allez pas plus loin. Comme dit dans le texte mis en lien dans l'incipit la seule chose que vous puissiez encore faire pour aller plus loin dans l'absurde serait de porter plainte pour diffamations ou violences. Epargnez-vous et surtout epargnez-nous ce ridicule spectacle.

Mais reprennons le texte de cette pétition, essayons d'en faire une critique pour montrer à quel point le texte que vous avez signé est d'une stupidité sans nom, une honte pour les idées anarchistes et libertaires.

Vous comdamnez d'abord les violences et menaces qui empêcheraient de tenir débat.
Nous avons déjà critiqué cette idée qu'il faudrait absoluement débattre de certains sujets mais puisqu'à l'évidence vous n'entendez pas autant le repéter encroe une fois. Pourquoi faudrait-il des débats contradictoires sur les droits des femmes, des gays, des lesbiennes, des bi-e-s et/ou des trans alors qu'on ne fait pas de débat contradictoire quand il s'agit de la lutte contre l'oppression capitaliste?
Pourquoi les salons du livre libertaire n'inviteraient pas Alain Minc pour débattre sur l'entreprenariat?
Absurde me réponderez-vous?
Je suis d'accord. Aussi absurde qu'inviter un réactionnaire sexiste, homophobe et transphobe pour débattre des femmes, gays, lesbiennes, bi-e-s et trans.
Selon moi cette idée qu'il faudrait absoluement débattre de tout (et surtout avec tout le monde / n'importe qui) est incompatible avec les idées libertaires et anarchistes. On a pas à débattre des oppressions, on doit les combattre. Et si ça fait chier nos camarades universitaires habitué-e-s à ces scéances de branlettes collectives dans un entre-elleux de complaisance avec les oppresseurs ils n'ont qu'à aller débattre avec leurs camarades universitaires libéraux, je ne les retiens pas.
Ensuite par rapport à ces violences et menaces, je ne nie pas la violence des féministes et militant-e-s GLBT qui réagissent aux propos d'Escudero, c'est la violence normale d'un-e opprimé-e réagissant à un discours qui vise à lui nuire. Vous ne condamnez pas la violence de nos camarades quand elle vise les bourgeois avec un discours capitaliste, au contraire vous la glorifiez, chantant les louanges d'une insurrection qui n'en fini pas de venir mais quand elles concernent un bourgeois avec un discours réactionaire masculiniste bien incrusté dans nos milieux elles deviennent d'un coup illégitimes?
Après si vous condamnez la violence de manière générale c'est votre droit mais force est de constater que ce n'est pas le cas. Vous jouissez à l'idée de violence quand elle est dirigée vers les flics, vous mouillez votre culotte sur un imaginaire d'ultra-violence et vous venez vous plaindre quand les cibles de vos discours réactionnaires vous renvoient ne serait-ce qu'un dixième de cette violence que vous fantasmez tant.
Ce qui m'énerve c'est aussi qu'on ne semble pas voir la violence des discours et actes de certain-e-s "camarades" à l'encontre des féministes et militant-e-s GLBT. Le discours conspirationniste d'Escudero est violent. La façon dont vous avez ignoré nos critiques pour inviter ce réactionnaire est violente. Vos réactions quand nous avons commencé à agir physiquement - puisqu'à moins de sortir les couteaux vous ne nous entendez pas - ont été elles aussi violente. Comme est violent le fait de nous obliger à débattre avec des gens qui nous crachent à la gueule. Et je vois bien que cette violence là vous ne comptez pas la condamner, que cette intimidation des féministes et militant-e-s GLBT dans vos "espaces d'expression libertaire" ne vous pose pas le moindre problème.
Et pour ce qui est du fallacieux, de l’amalgame et de l’anathème avez-vous seulement lu l'ouvrage de propagande écrit par Escudero?
Car dans le genre c'est un chef-d'oeuvre de déclarations fallacieuses et d'amalgames ayant pour seul but de lancer l'anathème sur les féministes, les gays, les lesbiennes, les bi-e-s et les trans (pour preuve lisez la critique qu'en a fait Clirstrim, vous la retrouvez via le lien mis en intro). Vous parlez de nos commentaires injurieux sur les sites « libertaires » mais on pourrait parler de vos commentaires, quand vous nous présentez comme des monstre-sse-s déviant-e-s et surtout tous ces commentaires où vous rejeter nos critiques sans même les avoir lu, nous traitant avec mépris et paternalisme.
Je n'ai même pas fini le premier paragraphe de votre appel à pétition et déjà je m'arrache les cheveux devant l'énormité de votre stupidité. On pourrait croire que vous ne pourriez pas faire pire que ces reproches qu'on peut facilement vous retourner et c'est là que vous parlez de la mise à l’index d'Alexis Escudero...

Koala2

 

Mise à l'index?
On parle bien d'un mec qui en plus d'avoir été invité à prendre la parole sur France Inter, France Culture, le Nouvel Obs, le Figaro, relayé par l'Opus Dei (pardon, je voulais dire la manif pour tous), la Décroissance... a vu ses idées relayées dans nos espaces libertaires (via Radio Libertaire, Alternative Libertaire et de trop nombreuses invitation à "débattre" dans nos milieux)?
C'est ça que vous appelez une mise à l'index?
Ridicule.
J'ai pas d'autre mot. Alors que dans le même temps vous nous virez des espaces libertaires et anarchistes vous osez parler de mise à l'index pour un mec qui non comptant de parader dans les médias mainstream jusqu'aux plus libéraux est accueilli à bras ouverts dans la plupart de nos espaces libertaires.

Ensuite comme il est cher à votre coeur de reprendre de font en comble l'argumentaire des réactionnaires vous et celleux qui relaient vos discours réactionnaires en victimes de la violence de ce voir « décerner des qualificatifs en "phobe" ». Pauvres choux. Ce que vous êtes incapable de voir, comme celleux de la manif pour tous qui ont manifesté pendant des années contre nos vies de "déviant-e-s" c'est que nous ne décernons pas ces qualificatifs à l'aveugle, quand nous disons qu'Escudero est homophobe, transphobe, masculiniste ce n'est pas une insulte (contrairement aux fois où vous nous qualifiez de déviant-e-s) mais un constat. Comme tout bon réactionnaire (cf celleux de la manif pour tous) sitôt ces mots de sexiste, homophobe, lesbophobe, transphobe (...) prononcés vous réagissez en nous attaquant de plus belle et rejettant nos critiques.
Vous agissez comme ces fascos, ces Soral ou ces Chouard, qui vont cracher sur les antifas alors qu'iels ne font qu'énoncer des faits.
Votre refus de ces « qualificatifs en "phobe" » est surtout un refus des luttes contre le sexisme, contre l'homophobie, contre la transphobie (...). Assumez "camarades" réactionnaires, vous êtes des crevures d'homophobes, de transphobes et de misogynes.
Quand vous dites que nous parvenons souvent à nos fins et provoquons la censure vous mentez (encore une fois). Non seulement le bouquin de ce bourgeois réactionnaire d'Escudero est toujours publié mais on continue à en voir la promotion autant dans les médias mainstream que dans nos espaces prétenduement libértaires. J'aimerais d'ailleurs que les éditeurs qui ont signé ce texte ridicule (coucou Éditions Acratie ; Éditions Le Coquelicot ; Éditions de la Pigne ; Éditions de la roue ; Éditions Rue des Cascades : Éditions Le Monde à l’envers ; Éditions libertaires ; Éditions Le Pas de côté...) me listent les ouvrages qui n'ont pas été publié à cause des méchant-e-s féministes et militant-e-s GLBT que nous sommes, et si possible expliquez-moi pourquoi on trouve si peu d'ouvrage féministes dans vos catalogues (j'en ai compté 6 dont 5 chez les éditions libertaires qui ont un catalogue de plus de 100 publications) et aucun ouvrage militant GLBT, n'est-ce pas là de la censure?
Il faut croire que celle-là, de censure, ne vous pose pas le moindre problème.

Vous nous dites stalinien-ne-s autoritaires, ce qui prouve encore une fois que vous refusez toute réflexion politique critique. J'ai été assez longtemps à l'UNEF dans un syndicat étudiant pour voir ce qu'étaient des méthodes staliniennes et autoritaire et vous voulez savoir le plus drôle?
Celà vient toujours de celleux qui ont le pouvoir politique. C'est drôle non?
Hors dans nos milieux libertaire les féministes et militant-e-s GLBT n'ont aucun pouvoir politique sinon celui de fermer leur gueule pour laisser parler leurs camarades réactionnaires. Vous lancez cette accusation de stalinisme comme vous auriez pu lancer celle de fascistes mais le fait est que ce n'est pas nous qui avons la possibilité d'interdire d’expression qui que ce soit et que quand on ose dénoncer pour ce qu'elles sont les idées masculinistes réactionnaires qui circulent dans nos milieux nous nous voyons privé-e-s de droit d'expression, discrédité-e-s, insulté-e-s au mieux, menacé-e-s et frappé-e-s au pire (cf De l'indignation sélective des mecs anars... en général et Anarchie ou Patriarchie). Oserais-je dire que s'il y a stalinien-ne-s dans nos milieux c'est de votre côté qu'il faut regarder (ah bah oui, j'ose)?

S'ensuit un amalgamme de faits sans liens logiques.
La violence commise par des "vegans intégristes" à l'encontre de saucisses (vous vouliez juste prouver votre ridicule avec ça?).
Le fait que des gays, lesbiennes, bi-e-s et trans aient empêché la venue au centre GLBT de Paris (qu'on m'explique au passage depuis quand c'est le milieu libertaire) de Marie-Jo Bonnet qui depuis quelques temps collabore avec des groupes d'Extrême-Droite.
Le fait que des féministes, gays, lesbiennes, bi-e-s et trans aient zappé l'invitation d'un masculiniste réactionnaire au salons du livre libertaire.
Déjà comme dit avant je vois pas le lien avec le premier à moins de supposer que tou-te-s les vegans sont féministes et/ou GLBT ce qui est faux. Puis sérieux vous allez pas pleurer pour un barbeucue renversé, vous me faites penser à ces fafs qui pleurent la "disparition du porc" dans les cantines françaises (alors qu'en fait des familles demandent juste une possibilité de choix).
Ensuite quelle est l'idée que vous voulez faire passer en comparant Marie-Jo Bonnet et Escudero?
Que les militant-e-s GLBT et féministes s'opposent à celleux qui diffusent des idées réactionnaires au point d'être relayé-e-s par les libéraux?
En quoi ce serait un problème?
A moins que votre but soit de prétendre qu'il existe un lobby homosexuel et féministe surpuissant muselant les opposant-e-s mais là ce serait du conspirationnisme, sans faits social pour appuyer vos délires.
Vos deux exemples (Marie-Jo Bonnet et Alexis Escudero) ne tiennent pas vraiment la route car comme on a pu le dire (moi et d'autres, sur des blogs ou sur twitter) il n'y a pas de censure, Escudero et Marie-Jo Bonnet continuent à faire la promotions de leurs idées réactionnaires ici et là et l'un-e comme l'autre ne sont pas en manque de relais - que ce soit via la manif pour tous, via les médias mainstream ou via certains camarades et médias libertaires.
Et on pourrait ajoûter des exemples de censure, quand des militant-e-s GLBT et féministes ont voulu zapé l'intervention de Christine Le Doaré à l'eurolesbopride. Est-ce parce que Christine Le Doaré est une féministe de droite, liberale, et que les militant-e-s venu-e-s la critiquer ont été violement viré-e-s par un service d'ordre privé que vous n'en parlez pas?

Pour conclure une citation de la magnifique Brigitte Fontaine « Quand il s'agit de femmes il n'y a pas d'hommes de gauche » à laquelle j'ajoûterais : quand il s'agit de gays, de lesbiennes, de bi-e-s ou de trans il n'y en a pas plus.

Koala

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24 décembre 2014

Pétition inutile

Camarade l'heure est grave!
Il est 16h20 c'est dire si l'heure est grave.
En plus on est le 24 décembre.
16h20 un 24 décembre, c'est grave!
J'ai donc décidé de faire une pétition inutile.
Pour défendre nos camarades merguez libertaires victimes de la violence des terroristes vegans intégristes!
Si cette pétition atteint les 50 000 signatures je m'engage à l'envoyer à tous les médias et à l'Elysée!
Alors apportez vos signatures libertaires à cette pétition inutile!

Premiers signataires :
Alexis Merguezcudero, Potées Merguez et Omelletes au lard, Editions Knackibertaire, Frank Robert Colombo de poulet

Posté par K6_49000 à 16:19 - Permalien [#]